Le blog d'Alexis Peltier - Pilote de brousse et photographe

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Alexis Peltier

Alexis Peltier Expéditions, récits, aventures d'Alexis Peltier à travers le monde. Histoires, photos pour partager, s'émouvoir, et mieux voir le monde.

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Récit n°9

Par Alexis Peltier :: vendredi 21 avril 2006 à 16:29

Du 10 Avril soirée à Quito (Equateur) au 17 Avril, arrivé à Panama City

 

 

 

Ecrit le 21-04-06, à Pavas, Costa Rica.





 

C’est terrible, je n’arrive pas à tenir le rythme. Bon, j’en étais à notre première soirée à Quito, donc, nous nous trouvons un resto, un peu d’Internet, ici, la monnaie locale n’existe plus, le dollar et roi et les pauvres, encore plus démunis !

 

En rentrant à l’hôtel, totalement claqué, comme d’habitude, nous nous rendons bien compte que les 15 jours perdus à Santiago, sont bien là, nous n’arriverons pas ensemble à Miami pour le 19 ! Puis foncer comme des malades, ce n’est pas le but non plus et, dans notre état de fatigue, ce serait du suicide. Nous sommes dans un hôtel confortable, dans une ville dont le centre sublime est inscrit au patrimoine mondial. Nous en avons bavé pour arriver, bien, nous prendrons une journée de repos avec visite de la ville. Réveil, pas trop matinal. Christian, s’achète une carte SIM, bien sûre, aussi comme d’habitude, cela ne marche pas ! La ville en  vaut vraiment le détour et fin d’après-midi sur les « grandes hauteurs » de Quito après avoir pris un téléphérique, de marque Française, tout neuf… Pas de bol, c’est plein de nuages ! De retour, mi à pied, mi en taxi, nous ne nous rappelons plus du nom de la rue de notre hôtel, nous nous faisons déposer au pif, la ville est très grande… Dire que nous entamons la traversée de la moitié du monde et que nous nous perdons à pied à Quito, nous éclatons de rire et après 1H30 de marche, comme des pigeons voyageurs, nous retrouvons des repaires et enfin notre hôtel… Encore un bon travail d’équipe ! Le 12 avril, réveil à 5h45, nous voulons décoller avant les formations nuageuses… Catastrophe, dehors, un brouillard à couper au couteau ! Un gros café chaud, moral à la baisse, le taxi est là, notre chauffeur, toujours le même qu’hier, aussi hilare malgré cette heure matinale bien grise, le tout en roulant comme dans un rallye, musique et chauffage à « donfe » ! La cordillère dans le mauvais temps, je vous le dis, ce n'était rien à côté de ça…  À 7H00, comme prévu, Roberto et José sont là afin de nous aider, ils sont hyper pros et très sympas, mais pensent que nous ne pourrons pas partir aujourd’hui !. Finalement, vers 10H30, un trou, le sol va chauffer, tout cela va monter et se transformer en orage et une basse pression qui arrive… Partir, c’est maintenant ou jamais ! tout va très vite, Roberto et José, se partagent les tâches et nous nous trouvons aligné, en surcharge d’essence. Nous callons nos navigations comme à l’habitude, c’est bourré de hautes montagnes dans le coin et nous décollons non loin des  8000 Pieds, avec du cumulus bourgeonnant, partout ! Nous voulions passer dans un col, à 8500 pieds… Nous nous retrouvons, toujours en montée, à 14500 pieds,   en surcharge, l’Aircam, le bougre, il grimpe encore à 700 pieds minutes dans ces conditions, de plus très humide, je n’en reviens pas ; mais hors de question de perdre un moteur ! Nous bifurquons finalement vers le Pacifique, plein Ouest… - « Christian, t’es sûr que c’est la bonne vallée !!! », Affirmation, puis tout corrobore avec les Victor (voies aériennes). Un trou, un peu de  marges, une longue vallée en S qui rétrécit… « Christian, t’es sûr de ton coup ? »,. Son sourire satisfait en guise de réponse et je peux encore faire demi-tour par un virage  déclenché à droite en me collant sur la paroi de gauche au vent… C’est superbe ! Un autre trou, nous devinons une énorme salade de brocolis, la jungle, là,   juste en dessous… Nous plongeons littéralement, nous sommes sortis des pièges de la cordière ! Nous nous retrouvons à 1700 pieds sur une vraie belle jungle, à perte de vue, un plafond soudé, pluie éparse… Cela ne s’annonce pas bien pour Cali. Les blousons, appareils photos et cameras, suintent de condensation, tout et trempé, plus rien d’électrique ne marche… J’enrage, envie de balancer les vidéos par-dessus bord ! Nous passons la frontière Colombienne, encore une fois, pas de contact radio, trop bas… On verra bien ! Travers Tumaco passé, pas de réponse, cela fait 1 heure que nous sommes en Colombie, en plein sur la zone du fameux FARC… Avec tout ce que l’on a entendu, nous ne sommes pas des plus rassurés… Puis, surgit deux gros hélicos très camouflage, je ne pense pas qu’ils m’aient vu, je me mets à la base des nuages, en accord purement mental avec Christian… On ne sait jamais pas si leur présence est très catholique. S’ils nous foncent dessus, nous rentrerons dans les nuages et "advienne que verra" ! Nous tentons une percée sur les cumulus, tout en surfant sur les fréquences contrôle de la Colombie… Nous devons re-descendre, trop dangereux et il pleut de plus en plus… Envie d’être au chaud, sous une couette et pense très fort à cet adage don la véracité me poignarde « Il vaut mieux être un pilote au sol rêvant d’être en l’air, qu’un pilote en l’air rêvant d’être au sol » ! À peine sortis de la couche, nous tombons nez à nez avec 3 autres hélicos à la gueule bien guerrière ! Frissons dans le dos, nous en sommes en plein territoires du FARC, je continue de surfer sur les fréquences et j’entends mon immatriculation, je saute sur la brèche, enfin, ils me reçoivent... En sommes ce sont des hélicos de l’armée en pleine opération de Guérilla contre les « gorillas », qui demandent s’ils doivent m’intercepter, ouf, c’est tout bon ! Un pilote, ça reste un pilote, toujours sympa avec un autre pilote… Sachant maintenant qui je suis, ils m’indiquent que la route vers Cali n’est pas passable, trop de pluie, plafond bas, la cordillère. Nous avons de l’essence, nous tentons tout de même un peu vers le nord, nous nous faisons tremper, le plafond descend, non ! Demi-tours et zut pas envie de retourner à Tumaco, notre seul point de déroutement officiel pour l’immigration et la douane… Cali nous donne le cap vers Guapi, un bled perdu et aéroport national... Sympa le contrôleur, il comprend qu’un retour trop loin n’est pas bon pour nous, puis les problèmes administratifs se règles toujours ! en descente et maintenant vers le Sud-ouest, il pleut moins et nous remarquons des zones de déforestations circulaires ; en bon scientifique, Christian demande plusieurs passages afin de juger l’état des dommages forestiers, mais quelque chose nous dit de ne pas descendre trop bas ! Finalement, approche sur Guapi, c’est vrai que c’est perdu ce coin, merci Christian d’avoir trouvé le point GPS ! Nous atterrissons dans un ballet incessant d’hélicoptère, de troupes au sol, la jungle, une petite piste, une chaleur moite… On se croit dans un des décors de filme sur la guerre du Vietnam, nous sommes en live dans « Apocalypse now », c’est génial mais tout de même pas trop rassuré ! À peine les moteurs coupés, deux officiers pilote, sont là, aux airs très sérieux, mais nous nous rendons compte qu’ils se forcent ! Un nous dit en Anglais parfait, -« vous voliez dans une zone interdite, j’allais vous intercepter »… Rater vieux ! Depuis la mésaventure d’Iquique, je fais hyper gaffe, je suis sûre de mon coup, j’aborde mon plus grand sourire  en lui disant, « impossiblo » mais désolé de vous déranger et merci des infos radios, on est en chemin vers l’Afrique en passant par le Groenland, nous sommes parti de Santiago du Chili avec un petit détour aux portes de la Patagonie… Enfin, le blabla habituel… Juré, on ne vous dérangera pas longtemps… D'abord incrédule en voyant la machine, ils éclatent de rire, le tensiomètre est tombé à moins 10. Nos passeports passent de main en main. –« Mais vos tampons d’entrée en Colombie, ils sont où ? » -« Ils nous attendent à Cali ! ». Re-éclat de rire, les Colombiens, du top les gars, ils savent s’amuser. On visite les hélicos, des vrais bêtes de combat ! Ils nous expliquent qu’ils sont depuis des jours sur une opération de Guérilla contre les « Gorilles »… Leurs objectifs, les victoires de la journée et tout ! Très vite nous nous rendons compte que la volonté gouvernementale et d’enrailler la puissance du Narco trafique, des enlèvements, de la violence de l’insécurité et du danger que représente la déforestation massive faite par les planteurs de cocaïne… Hic, dit, Christian, ces trous, dans la forêt, survolés tout à l’heure !!! Re-éclats de rire des militaires… -« Vous avez bien fait de ne pas descendre, mais de toutes les manières, nous avons tout nettoyé » et vu l’armement embarqué, les troupes au sol et leur état de fatigue, le mot « nettoyé », prend une dimension réellement effrayante ! Le chef de piste avec le seul Quad du coin, don, il est fier comme Artaban, nous propose un lift en « ville », vers un hôtel. Nous nous attendons à tout ! C’est finalement dans une ambiance super cool, style « Easy going » comme dirait Christian, et en plein cœur de… L’Afrique. Petite ville pauvre, peuplée exclusivement de descendant d’esclave… Une ambiance formidable, nous avons nos repères, nous nous sentons bien ! Tous ont la conversation facile… -« Vous vivez en Afrique… Éclats de rires monstrueux... de vrais Africains blancs et nous de faux Africains noir… Vous au moins, vous connaissez nos origines ». Ici, les femmes sont toutes plus élégantes les unes des autres, nous avons l’impression qu’elles sont en concours permanent entre elles, et pourtant, ici, c’est vraiment le bout du monde ! L’odeur de poudre, de kérosène dans les hélicos, les troupes aux yeux cernés, les uniformes kakis boueux... Tout cela semble si loin, ici, tout est bon enfant. Comme d’habitude, nous sommes cuits de fatigue, mais nous n’avons pas envie de nous coucher ; profiter de cette ambiance de fou nous fait du bien… On resterait bien quelques jours ici. Herver, un artiste du coin, qui travaille aussi comme guide sur une île voisine, nous invite à manger avec lui un poisson frit dans une gargotte sur le trottoir. Il ne peut avaler grand chose, un ulcère le fait souffrir, mais on se marre bien et nous n’avons pas même idée du nom et de la valeur de l’argent ici ; ce qui nous vaut encore bien des éclats de rire. La Colombie est bien loin des clichés reçus, du moins, vu de nos yeux de passant ! Bémol au tableau, le peu d’essence trouvable ici, est mélangée à de l’alcool ! Petit calcul, nous avons assez pour Cali, mais pas trop de détours possibles !

 




 

Nous ne ramènerons de cet épisode, aucun film, les caméras n’ayant pas supportées la variation thermique suivit d’une condensation de fou ! Heureusement, le petit Canon est revenu à la vie, j’ai un peu de photos ! J’en suis vert de rage. Le 13, à la Fraîche, déjà en sueur, nous préparons l’Aircam dans un ballet continu de militaires qui viennent poser devant l’engin zébré, tous plus sympa les uns des autres et armé jusqu’aux dents. C’est vraiment vrai, la Colombie est sur le bon chemin, c’est une population  et un pays très attachants, en plein effort pour faire changer ce qui nuit tant à cette nation… La drogue ! Consommateur, arrêtez d’acheter, tellement de vies sont anéanties à cause de vous, une nation entière en souffre, soyez responsables. Les pilotes d’hélicos puis d’un DC3 turbine, nous indiquent différentes routes selon la MTO en chemin... Ça ne va pas être de la tarte encore. Nous optons sur une directe à 90° sur les Andes, avant que les orages ne se forment trop, nous n’avons droit qu’à un choix vu l’essence embarquée…Un trou, nous passons sur la couche en spirale, pour un AirCam devenu plus léger, c’est un jeu d’enfant mais sans boussole et un Horizon pas fiable, nous restons tout de même très vigilant ! Devant ce n’est pas fameux, nous sommes engagé, nous n’avons plus le choix, pas assez de carburant pour changer de route vers le Nord et passer ensuite la cordillère ; de plus, d’ici deux heures, les orages seront trop violents. Nous gardons cap Est et franchirons la Cordillère et une fois dans la vallée, nous prendrons cap nord. La bataille nous attend, droit devant, bien haut !!! Notre routine de travail est maintenant bien rodée avec Christian. De ce point de vue, plus d’angoisse, mais un fait ne me rassure pas. Lors du remplissage des réservoirs principaux en vol, depuis le réservoir auxiliaire, la jauge gauche m’indique moitié, alors que la droite est sur full ! Je ne dis rien à Christian, fait des estimations rapides, sans détours, c’est tout juste bon. Christian s’étonne tout de même du vol en constant dérapage gauche…Ce, afin de suralimenter le réservoir. Nous fonçons le plus droit possible, la MTO n’est pas des plus clémentes, mais il était vraiment temps de passer les crêtes ! Je ralentis le régime du moteur gauche, mais le vol devient alors trop inconfortable et la vitesse reste mon atout majeur. Enfin, gros soulagement, la vallée du Rio Negro, des pistes d’atterrissage partout, des champs, des maisons, des gens… Nous ne risquons plus rien de grave et l’on se dirait en Europe, je ne sais pas pourquoi, mais ce fait nous rassure totalement. Tout est terriblement inondé, la Nina sévit. Nous passons sous la couche, nous sommes autorisé à transiter à 6000 pieds en VFR (donc assez prés de la surface, c’est haut dans le coin !) dans la Zone militaire et nous nous posons sans difficulté à Cali avec 25 litres à Gauche et 5 litres à Droite, il était temps et j’explique à Christian le problème ! Immigration, douane, hyper facile et rapide ; nous sommes enfin « officiel » en Colombie. Randy, un Ami d’Olivier qui était passé par là deux ans auparavant en pendulaire, dans des conditions épiques, nous attend. Nous réglons les ailerons qui tirent toujours vers la gauche et nous nous retrouvons chez Randy et sa mère, après avoir dévoré une énorme pizza.  En bon Colombien, adorable, très accueillant, ils nous invitent, le temps que l’on veut en nous mettant tout a dispo chez eux ! Incroyable. Sur ce, ne nous connaissant pas, mais ayant été recommandé par Olivier, il part avec son amie pour le WE de Pâques, nous laissant tout chez eux. Les Colombiens, je vous jure, ils ont le sens de la joie de vivre ! La mère de Randy est un personnage hors du commun qui vit dans la peinture et la danse avec un petit perroquet vert qui me rappelait bien des souvenirs ayant moi-même partagé un long moment de ma vie avec un oiseau similaire. Randy à même fait en sorte que son meilleur ami, Lucho, qui a construit 3 Aircam s’occupe de nous. Ce break à Cali, de 2 jours nous fait un bien fou, nous dormons, mangeons, le tout dans une ambiance sympathique. Lucho qui restaure des voitures antiques nous balade partout.Les routes sont belles et pour dissuader les imprudents, des reconstitutions d’accident de la route avec mannequin très « hémoglobine » vraiment réalistes sont disséminés tous les 10 Km.. Très efficace. Lucho a  un Ulm au club très actif du coin que nous visitons aussi. Nous faisons des courses pour l’entretien de l’aircam, trouvons l’huile adéquate, il est temps de faire les vidanges, déjà 50H00 de vol fait depuis Santiago. Mais nous ne pourrons pas rentrer sur le tarmac pour faire de l’entretien ! Nous retournons mettre à jour nos mails chez Randy, qui appelle 3 fois par jour afin de savoir si tout va bien pour nous. Soirée sur les hauteurs de Cali avec Lucho et son amie.

Le 15 au matin, Lucho est là, pour nous ramener vers l’Aérodrome, il tente de pouvoir passer sur le tarmac afin de nous aider à faire les vidanges, via le musée des transports dont il est membre…Nous visitons alors un lieu fabuleux, Avions, locos, Hélicos, gyros, voitures, maquettes, Ulm, velos, motos, le tout antique et en parfait état… Tout y est !! Plus incroyable encore,   une salle avec un train électrique gigantesque hors du commun… 8 ans de construction ! Fabuleux, jamais vu un truc pareil ! Tant pis pour la vidange, nous improviserons, il nous faut partir. Décollage et beau vol sans problèmes de 3H00 vers Rio Negro dans des vallées sublimissimes. À notre arrivée, nous sommes hébergé dans un immense hangar où un DC8 Cargo est en grande révision, vraiment, ils sont très accueillants les Colombiens. Nous faisons nos vidanges et affinons les réglages d’ailerons plus quelques menus entretiens, Tous nous aident et pose quantité de questions, et en plus, des cafés nous sont offerts non-stops. Rio Negro, petite ville sympa, animée par les festivités de Pâques. Dîner  pizzas gigantesques, qui nous étouffent. Nous avions seulement commandé des médiums et comprenons l’air amusé des deux serveuses qui nous prennent pour des martiens ! … Ce n’est pas l’Italie ! Le lendemain, marathon administratif habituel mais hic, les horaires de payements ne collent pas, puis l’officier d’immigration veut voir en chair et en os Christian qui est entrain de charger l’aircam à l’autre bout du terrain…Environ deux kilomètres… La MTO se dégrade pour demain, il nous faut 6h00 de vol pour Panama City ! Les gars des opérations de vol sont fous en constatant l’inefficacité du système de payement qui ne dépend pas d’eux. Mario fait des pieds et des mains pour débloquer la situation mais trop tard, nous ne pouvons plus décoller, plus assez de marge temporelle ! Il faut refaire une demande de vol, la nôtre expire aujourd’hui et re tralala.. Mario est efficace, mais nous y aurons passé la journée. Nous en profitons pour étudier les problèmes des grosses vibrations de la paluche… En somme, c’est l’objectif lui-même qui à du jeu… Heureusement, Jean nous en avait passé une vieille de secours, qui en fait marche mieux que la neuve ! Retour à notre petit hôtel pas cher, ce soir, on évite les pizzas mais c’est le seul coin sympa de la place, finalement nous achetons du poulet et après autorisation du proprio des lieux, nous retournons consommer chez M. Pizza nos poulets devant une bière servie par les 2 serveuses qui gloussent de nous revoir, apparemment nous ressemblons vraiment à deux extra-terrestres ! Cali nous a fait du bien nous sommes plus en forme malgré cette journée de …. Restons polis SVP !

 

Finalement, le 17, tôt, décollage vers le Panama, nous redoutons l’arrivée, tout ce qu’on entend n’est pas des plus rassurant ! Vol long avec une descente difficile dans les nuages et vallées… Même cinéma, -« Eh Christian, t’es sûre que c’est la bonne vallée… », -« Ça colle avec mes points de virage… » On devient pas trop mauvais finalement ! Pour le reste, facile. Les appareils, films et photos souffrent encore des variations de température et d’humidité. Arrivé à Panama qui ne laisse pas indifférent. Presque verticale ville, entrée du canal, les bateaux de toutes tailles en ligne d’attente, les ponts, les écluses, un ciel noir d’orage… Arrivée super sympa, encore bien loin des clichés. Tous sont très serviables, en 20 minutes, nous avons l’essence, l’immigration et un hangar nous attend. Permis de vol fait douane et contrôle sanitaire… Le paradis administratif, sans blague ! Ce n’est pas juste un paradis fiscal ! Point à mourir de rire, le responsable de la fumigation et désinfection des avions, ne sait pas quoi faire de sa bombe devant notre avion ouvert, il reste là, ne sachant pas par où commencer ni terminer, il finit par donner 3 coups de bombes en l’air et nous présent la facture de 10 USD… Pas le tems de discuter, un déluge nous tombe dessus ! Vite au hangar, démarrage sous une trombe d’eau, l’orage tropical est impressionnant de violence dans le coin, nous sentons la présence des deux océans. Le contrôleur me reprend car je « taxi » sans attendre sa « clearence », je lui dis de regarder qui nous sommes sous ces sauts d’eau et il s’empresse de m’autoriser. C’est trempé jusqu’aux os que nous nous abritons sous un hangar qui nous est offert… Le timing devient critique, Christian prendra maintenant son avion à partir du Costa Rica. Le propriétaire du hangar, Tato et Gustave se mettent en mille pour nous aider avec l’essence, le transport, l’hôtel, les sous, le séchage de l’aircam. Gustave téléphone prévient sa femme qu’il rentre plus tard et nous fait un tour de ville. La vieille ville est chargée d’histoire et le gouvernement réhabilite les quartiers, c’est très beau.

La ville moderne, on se croit à Monaco, on ne sent vraiment pas d’insécurité latente. Ami pilote de passage, le Panama, c’est hyper facile, n’ayez aucune crainte, c’est l’administration la plus cool et efficace que je n’ai jamais rencontrée jusque-là.

 

Récit n°8

Par Alexis Peltier :: lundi 10 avril 2006 à 16:58

Du 07 Avril soirée à Lima au 10 Avril, arrivé à Quito en Equateur

 

 

 

 

Ecris le 16-04-06 à Rio Negro Colombie.

 

Donc, c’est avec beaucoup de retard que je reprends notre arrivée à LIMA. La « Placa de arma » est sublime, les balcons de Lima sont réputés mondialement. Nous suivons la procession du chemin de croix et Christian cherche un super chandail le Péruvien et nous voici parti à l’autre bout de la ville dans la circulation de fou. Je n’ai pas l’énergie de résister. Nous achetons chacun, pour celle que l’on aime, restée trop loin, une belle couverture. Repas au poisson et nous nous écroulons comme d’habitude. Aussi comme d’habitude, départ tôt, facture salée à l’aérodrome, marathon administratif facilité par la présence d’un habitué des lieux ; perte de temps incroyable juste pour payer très cher un service qui nous casse drôlement les pieds puis, dépôt plans de vol, Metar (MTO actuelle sur différents aérodromes) et prévision MTO, etc.… Ce n’est pas terrible pour du VFR (vol à vue) dans le coin. Demande accordée d’un VFR spécial, avec transit de sortie à 1500 pieds. Le « follow me » fonce comme un malade, taxier vent arrière avec une roulette de queue à cette vitesse est trop casse pipe, je ralentis, il finit par nous laisser et nous voilà aligner sur une piste dont nous ne voyons pas le bout. Avec ce vent, nous sommes en l’air avant la fin du peigne (marquage de début de piste) et à 900 pieds, déjà à la base des nuages…Un trou juste dessus, avec Christian nous nous écrions –« Aircamons ! », c’est-à-dire plein pot, manche tiré et d’un bon, nous nous trouvons sur une mer blanche !!! Quand même bien puissant l’engin, je n’en reviens pas, surtout avec le poids embarqué pour un vol de 6H30 vers Trujillo, le 8 Avril. Que du côtier et du sirus soudé. Nous décidons de couper tout droit, ce qui nous fait un vol maritime de 45 minutes à 25 Km des côtes… L’Aircam tire à Gauche et ce défaut de réglage s’avère très gênant pour tenir droit l’avion en condition de vol à vue marginale et mon horizon artificiel qui m’indique tout et n’importe quoi ! Comme disait Wilfred, il est installé sur un tableau de bord dont l’angle et trop loin de la verticale en position de vol. Qu’a cela ne tient, Letherman en main, Christian aux commandes, desserrage de l’instrument, surtout les vis du bas et insertion d’un morceau d’emballage d’un paquet de biscuits. Ça marche, nous continuons en se racontant des blagues afin de briser la monotonie de ce vol. 30 Nautique après le travers  de Chimbote, le temps se dégrade sérieusement, Trujillo me refuse l’arrivée en VFR spécial, déroutement sur Chimbote, passage en spirale, de la couche drôlement basse par un trou  et arrivée par 20 nœuds de  vent à Chimbote après 4H15 de vol. Piste démesurée, déserte, sauf 2 Pompiers et un contrôleur, ce pour une moyenne de 4 avions par mois ! Comme d’habitude encore, les « Bomberos » sont adorables, nous aides à arrimer l’Aircam,  mettent à dispo leur véhicule afin de chercher de l’essence. Le temps se détériore, obligation de passer la nuit sur place. Après concertation, nous décidons de sauter Trujillo et de faire le vol direct sur Tumbes à l’extrême nord du Pérou, soit 720 Km. Négociation serrée avec la direction de l’aviation civile qui exige que je me pose quand même vu que c’est sur ma demande ! Heureusement le contrôleur de Chimbote est top, il arrange le coup, mais nous annonce que demain c’est Dimanche et qu’il devra ouvrir l’aérodrome pour nous, donc frais de pompier et tout et tout. Je regarde sur l’AIP, c’est vrai, c’est la règle, il est sympa, il ne nous comptera qu’une heure et en plus viendrons-nous chercher. Re-pompier pour plus d’essence ! Et arrivée tardive dans un hôtel pas trop  mal. Trouver point Internet tenu par un gars super sympa en tuc tuc conduit par un Indien fort sympathique et dîner avec le seul  poisson qui restait. Re- écroulage, mais qu’est ce qui nous arrive ? Puis nous avons sérieusement maigris tout les 2 et l’on se marre toujours autant !

 


 

En ce matin de Dimanche 9 avril, jour des élections présidentielles au Pérou, le temps est brumeux, c’est très humide, tout est trempé sur l’Aircam. Début de vol côtier un peu barbant, sans grande visi et ouf direction terre tout en gardant le cap au Nord. Le paysage change, la visi aussi, le terrain monte très vite, c’est beau, mais de gros Cumulus bourgeonnent dangereusement, nous ne pouvons tenir les 8000 pieds obligatoires sur la  Zone militaire à partir de Piura, nous devons descendre et c’est maintenant plein de montagnes…La Cordillère guette toujours les imprudents… Je m’occupe de la navigation générale avec les points de virages et Christian de la nav revue en fonction du relief. Nous n’avons que des photocopies de carte IFR (vol aux instruments) low level et Christian un GPS de survey redoutable d’efficacité, en plus il s’en sert bien le bougre ! C’est dans des vallées en passant dans l’espace aérien de l’équateur que nous nous dirigeons vers Tumbes. Vous voulez savoir, le pire est qu’avec Christian, nous faisons tout ce travail en symbiose totale, en gardant de bonnes marges de sécurité et en appréciant ces moments difficiles pendant lesquels notre amitié se lie de plus en plus dans une confiance réciproque absolue. Le contrôleur m’autorise la descente, en VFR s’il vous plait, et me demande un rapport à 6000 et 4000 pieds… « Ça fait longtemps que j’y suis mon coco !!! Tu me fais marrer avec ton  VFR mon vieux ». Atterrissage à Tumbes. Ector, le responsable de piste et super sympa, 2 des pompiers aussi, mais le coin est glauque au possible qui sent l’affluence touristique. Re tralala d’essence avec le Tuc tuc d’un des pompiers, bien mené par Christian pendant que je me dépatouille dans ce fatras administratif. La nuit tombe, il y a plein de moustique, l’air   chaud et humide semble ce soir bien déplaisant ! Nous sautons dans un taxi qui demande un prix à achever un milliardaire, nous négocions avec un autre qui doublera le prix à l’arrivée, mais ce genre de ruse, nous y sommes rôdé, ce genre de bêtise, c’est notre quotidien, mal tombé le type ! Hôtel vraiment sordide et sale, mais bon à 5 Usd la nuit, ce n’est pas le Marriott ! Heureusement, la place d’arme est sympa, pas un touriste, ils doivent rester bien protégés des « dangers » de l’extérieur sur les hôtels du bord de mer. Dîner à la spécialité du coin le « Ceviche mixto », super bon, le tout, dévoré par les moustiques en s’amusant du manège incessant de toujours les mêmes motocyclettes et voitures qui tournent autour de la place très animée ; ça drague dur dans le coin !

 

 

Lundi 10, nous avions tout fait administrativement afin de partir tôt mais trop fatigués, nous avions remis au lendemain les bureaux de l’émigration… Erreur ! Réveil 6H00, ça commence mal, pas trouvé de café ; le taxi d’hier arrive, il vaut mieux connaître son adversaire dans le coin… Ce n’est pas avant près de 10H00 que nous avons les tampons. Direction l’aéroport, déjà fatigué avant de commencer, nous nous restaurerons dans la gargotte du parking ; nous nous  jurons de mettre au moins 10 Usd chacun, la nuit ! Bien sûre personne ! On se tape 4 Km de plus vers le village voisin…  Impossible de trouver un café bien chaud avec une bonne vieille tartine ! et finalement c’est sur une terrasse douteuse que l’on avale un café en sachet s’il vous plait, sachet ayant à son actif au moins 3 services, le tout avec une tartine bizarre surmontée d’une tranche de fromage rance…

 

 

Finalement, décollage en pleine chaleur humide au possible mais   content de quitter Tumbes, vers Guayaquil en Equateur. … Et le mauvais temps, qui est là, bien présent, donc pas de direction vers Quito, en pleine montagne ! Passage de frontière, sans contact radio, ni avec le Pérou, ni avec l’Equateur… Finalement, je capte Gayaquil. Vol sans problèmes, au loin, sur la cordillère, vers le Nord, le temps à l’air meilleur, nous sommes déjà dans la zone de contrôle de Guayaquil. Après concertation avec Christian, nous n’avons aucune envie de nous retrouver dans une ville chaude et humide, qui plus est portuaire et qui de loin à l’air aussi glauque que Tumbes, ce, après un vol encore trop court. Vite, nous nous partageons les tâches, je m’occupe du déroutement, avec le contrôleur et l’évitement des zones interdites, pendant que Christian calcule les points de non-retours si le mauvais temps nous surprends dans les montagnes!!! Changement d’itinéraire accordé, c’est parti, nous avons assez d’essence pour tenter et le non-retour n’est qu’à 25 minutes de Quito, Oups, en plein dans la cordillère. Au bout d’une heure de vol, près de la chaîne de montagne, les cumulus sont assez impressionnants, l’envie de retour se fait sentir, heureusement, le vent n’est pas trop fort et la hauteur des nuages nous donne une bonne idée du relief. Repartage des tâches, Christian, aux courbes de niveaux et moi à la nav, contrôle aérien et point de virage. Nous montons sur la couche, c’est haut, Christian me confirme la présence de la vallée, les premiers contreforts sont passés, nous montons toujours, 14500 pieds, le froid se fait sentir bien mordant, je ne m’étais pas assez couvert en partant de zones trop chaudement moite.  Puis j’ai laissé mes guêtres et écharpe dans le sac tout à l’arrière. Avec le vieux chiffon à huile, je me protège les chevilles comme je peux et la gorge avec la housse de la camera. Enfin, un trou, ce qui nous permet de voir que les nuages ne sont pas collés à la roche et de repérer un coin posable, de suite rentré dans le GPS, on ne sait jamais ! Encore deux  contreforts, si prés… Mais  trop loin, le mauvais temps dans la cordillère rend humble ! Nous  sommes presque au  point de non-retour, le doute s’installe, on ne passera pas… En cour d’un virage afin de vérifier si les cailloux nous permettent un demi-tour, ouf, gros soulagement, un autre trou… Dessous c’est bon, nous sommes au beau milieu de « la » vallée, nous nous engageons, en sachant notre coin posable accessible, donc rassuré… Je sens d’un coup une grosse odeur du genre alcool !!! Des bulles se forment entre le pare brise et le tableau de bord… Gros pincement de cœur, ce n’est vraiment pas le moment d’avoir un problème ! À bon, c’est encore le compas qui fuit, ça va, il est encore utilisable. Le terrain descend enfin, nous sommes passés, nous crions à tue tête un gros houra ! Quito reçoit mon écho radar, le contact radio est établis, nous découvrons la ville… En chemin vers le NDB de l’approche, le contrôle me demande un virage au cap 300, juste au moment où le compas nous lâche complètement… Vite, donne-- moi les caps Christian… 3 Boeings sont en approche, je me retrouve en point d’attente vertical la ville, entre les cumulus, j’ai bien du mal à tenir l’altitude en restant VFR. Enfin, nous sommes autorisé au posé, la pluie revient, il est temps. Atterrissage en pleine ville, c’est sympa. Ce fut un des grands vol de ma carrière de pilote ! À peine posé, prise en charge par un « Follow me », qui est aussi un prestataire de service pour toute l’administration à faire sur les aéroports internationaux. Tout se passe vite, sans problème, l’aircam bien arrimé, en plein terrain militaire et nous nous retrouvons dans un taxi, avec une bonne adresse d’hôtel et nous découvrons avec soulagement un lieu splendide, à 15 Usd chacun la nuit. On nous déconseille de sortir le soir après 10H00, pourtant tout à l’air très calme, mais vu l’armement que tous les gardiens ont, ça doit vite tourner au vinaigre dans le coin !


Récit n°7

Par Alexis Peltier :: vendredi 07 avril 2006 à 00:34

Du 01 Avril 06 Atacama au  7 Avril 06 arrivée Lima Pérou 

 

 


 

Écris en Colombie, Cali le 14 Avril 06, je sais que l’on est sur le WE de Pâques….

La dernière fois que nous avons eu le luxe de s’asseoir derrière l’ordi, j’en étais à l’arrivée à San Pedro au Chili, donc….

 

 

Mathilde et Mariano, ami de Wilfred, passionné de vol, sans moyen, règlent toutes leurs vies en fonction de cette passion. Ils ont tout perdu lors du crash financier en Argentine en 2001 (elle est Chilienne, lui Argentin). Afin de rester en contact avec l’air, il s’est construit un pendulaire en copiant un chariot Air création avec un vieux moteur 503 Rotax. En dépit de l’avis de tous, ils sont partis s’installer a San pedro afin de pouvoir vivre de l’activité touristique et de voler sur ce superbe désert à plus de 10.000 Pieds d’altitude. Ils sont maintenant 3 à voler là-bas. Ils furent vraiment heureux de prendre les airs à bord de l’Aircam qui a aussi tant fait rêver Marciano. Ils nous ont cherché un hôtel où l’on a rencontré de sacrés caractères, dont Sarah qui fait le tour du monde à pied depuis 17 ans. Soirée Pizzas, chez Mariano et leurs voisins. Ils vivent dans  12 m2, il est pilote professionnel ! un couple sympa, courageux sur le départ vers l’Argentine maintenant que les choses vont mieux. Finalement, les 15 jours à Santiago nous ont fatigués et la nuit sous l’aile dans le froid, nous a fini. Nous décidons de rester un jour de plus sur San Pedro. Le lendemain matin, je pars en vol sur ce fabuleux désert de l’Atacama, c’est sublime, j’en rêvais depuis que j’étais petit… J’y suis pour de vrais, avec l’avion de mes rêves. Mariano aussi  éclate de joie de voler sur l’Aircam,   il  en bave d’envie depuis qui l’avait vu à Santiago. Je l’avais toujours dit que je volerai sur le désert de l’atacama en Aircam, j’ai le cœur serré d’émotion… C’est beau, c’est tellement beau ! De retour sur terre, organisation de l’essence, petite remise à jour Internet, confection d’un filtre à carburant. Le soir, retour à l’avion afin de faire le plein. Grosse frayeur, du filtre jaillit des étincelles d’électricité statique malgré la mise à la masse. Surprise, le soir, nous mangeons dans un petit resto tenu par un Toulousain avec Marciano, Matilda, Christian et Sarah qui arruve de Santiago … A pied….

 

 

C’est beaucoup trop tard, après avoir fait les allers-retours vers la station-service, que l’on décolle le lendemain 3 Avril pour Arica, 6h00 de vol. Attention touchante, Mathilde et Marciano écrivent un petit mot sur le côté du tableau de bord afin de voyager avec nous. Au démarrage, ils pleuraient d’émotion… Ils rêvent de faire comme nous, ce fut un départ qui donnait l’impression de laisser un peu de soit derrière nous. Décoller à pleine charge, sur un terrain à 10.000 Pieds, par une chaleur sèche accablante, on le sent passer…Le roulage fut long avec nos 170 Litres d’essence et le matériel, la montée fut également  lente avec un sol qui monte aussi vite que nous… Autre problème, le vent est contre nous, cela va être juste pour Arica ! Nous essayons de trouver des géoglyphes, ce faisant nous rentrons allègrement dans une Zone interdite et au moment ou nous contactons Iquique pour leurs demander les vents en altitude afin de connaître les chances d’arriver à Arica avant la nuit, la réponse fut brève et ferme -«CC-PZO, heading 270 immediat, you are in a P zone’ . Oups j’avais laissé le transpondeur sur On, cela faisait un moment qu’ils devaient se demander qui étaient ces uluberlus. Comble du comble, je regarde vite la carte, la partie que je lis m’indique une Zone P maxi 7500’, je suis à près de 9500’ a chercher un bon vent, je reprends mon cap, sinon good by Arica. Iquique me reprend, j’insiste sur ma position altimétrique, il reste très ferme mais courtois (Pour sûre, je me suis aperçu le soir que je lisais une info d’une zone voisine) et me demande mon estimée à Arica après nous avoir autorisé le cap au Nord en sortie de Zone, plutôt sympa les gars ! Finalement avec ces détours, nous n’arriverons pas avant la nuit à Arica ; je demande à dérouter sur Iquique après avoir fait 4H00 de vol. Piste gigantesque, nous filmons allègrement. Une fois posé, luxe du luxe, une voiture « Follow me » nous est envoyée. Nous filmons tout, sans nous apercevoir qu’il y a une partie militaire. À peine arrêté les moteurs, une jeep est déjà là, un militaire me demande les papiers, reste distant en m’informant de l’infraction des infractions en vol… Pénétré  une zone P ! Un autre militaire voit les caméras,   zut, la mayonnaise va prendre et avec Christian, nous arborons le sourire des sourires, en expliquant notre voyage ; puis de toute-bonne foie, je montre l’information zone de 7500’, par chance le militaire n’est pas pilote. C’est dans une très bonne ambiance que tout rentre dans l’ordre, je n’arrive pas à y croire. Même le « follow me » nous attends afin que nous ne portions pas nos sacs. Nuit à Iquique après 35 minutes de taxi et j’apprend la nouvelle tant attendue, notre autorisation du Pérou vient d’arrivée. Visite du centre ville inscrit au Patrimoine mondial. Repas au poisson et  crevé, nous nous  couchons  ! Mais pourquoi diable cette fatigue ne nous quitte pas, c’est dingue.

 

Le lendemain, Iquique étant un aéroport international, nous décidons de quitter le Chili  d’ici, sans s’arrêter à Arica. Dommage, nous apprendrons plus tard que Wilfredo avait prévenu ses copains pilotes, de notre voyage et passage chez eux… Ils nous avaient organisés une petite fête !!! Si nous avions su, cela nous brise le cœur de leur faire faux bon.

 

 Nous sommes un peu inquiet de rentrer  au Pérou, nous avions l’impression de voler un peu chez nous au Chili, avec une immatriculation et une licence de vol du même pays. Puis les Chiliens et Péruviens ont un lourd passé de conflits, ils ne s’aiment pas vraiment, nous avons entendu toutes sortes d’histoires qui ne  nous rassurent pas vraiment ! Puis en allant au centre d’opération, je m’attendais encore à avoir des problèmes pour la gaffe d’hier… Bien non, accueil très chaleureux, tapis rouge, on nous trimbale dans tous les coins de l’aéroport afin de régler l’administratif en sortie de territoire et c’est une très jolie contrôleuse qui nous donne les prévisions MTO. Je vous le dit, les Chiliens, c’est du pro de chez pro et sympa avec ça. En les quittant, ils nous disent avec un sourire narquois –« Au Pérou, vous allez nous regretter ».

 

Le 4 Avril,  nous rentrons au Pérou, à Tacna après avoir survolé cette côte Nord du Chili, fin d’un gigantesque désert, qui tombe dans le Pacifique en une falaise très impressionnante de plus de 1200 MTS. Cet océan  s’y écrase avec des vagues que l’on estime à plus de 10 MTS, là bas, au pied de cette marche titanesque ! Un gigantisme à faire frémir, Eclaire qui traverse la tête, une panne moteur serait très malvenue. Avant la sortie du Chili, nous tentons les derniers Géoglyphes dans la vallée de Lauca, qui servaient d’indication de directions aux caravaniers Incas sur la route d’Arica à San Pedro. Ce, dans la zone terminale de l’aéroport d’Arica. Le contrôleur est top, comme d’habitude au Chili, il essaye de nous indiquer les lieux. Ironie du sort, la seule trace que l’on trouve est un gros sigle « coca-cola » à flan de colline… C’est vrai qu’ils étaient drôlement en avance sur leur temps les Incas !

 

 

Bon, pas assez d’essence pour tourner plus longtemps, à Iquique il y avait un problème d’électricité, nous n’avons pas pu faire les pleins ; faut y aller ! C’est avec un petit serrement de gorge que l’on passe notre première frontière. En se posant à Tacna, accueil redouté…. Mais ce fut un accueil très chaleureux ! Afin de ne pas nous déranger, la douane et l’immigration viennent à nous, super sympa et agréable et première parole prononcée.. – « Vous venez du Chili, nous allons vous montrer que chez nous c’est mieux… ». Voyageur aérien, si vous rentrez au Pérou, faite le par Tacna ! Mais un bémol, pas d’essence sur place. Comme d’habitude, les pompiers de l’aérodrome, nous viennent en aide. Finalement, ce  n’est pas si mal le Pérou. Heureusement que les gens y sont adorables, car administrativement c’est l’enfer. Sur les demandes de transit, par sécurité, avec Christophe, nous avions mis un aérodrome tous les 300 Km… Ici, Aérodrome marqué, égal, aérodrome où l’on doit se poser !!!  0ups, à près de 100 Usd les taxes nav et attéro, ça ne le fera pas. Rien que pour modifier la route c’est dur, puis nous sommes arrivés par Iquique et non par Arica comme prévu, je n’ai toujours pas compris pourquoi mais cela semble compliquer les choses. Mucho problemo ! Les gars des opérations aviation sont adorables, ils souffrent eux même de ces lourdeurs, ils passent leur après-midi à refaire notre route, nous indique  un hôtel pas cher, 5 Usd par personne ! Les pompiers nous y amènent. Tops non ? Le soir, petite gargotte en cette petite ville bien sympa, nourriture excellente. Comme d’habitude nous nous s’écroulons, ce, après une grosse déception, le film des 2 derniers jours de vols, inexploitables. .Le montant camera semble vibrer, les risselants, je pense, n’aiment pas les différences thermiques. À Iquique, devant les militaires, ce fut impossible de vérifier quoi que ce soit, une caméra de plus aurait posé de sérieux problèmes ! Le lendemain, nous prévoyons un long vol vers Nasca. Un pompier de repos est là pour nous accompagner avec sa voiture. Ils sont vraiment adorables. Mais les modifications de route ne sont pas arrivées. Plus sympas que jamais, les contrôleurs y passent la matinée. 11h00 étant passés, plus la peine de décoller, autant en profiter pour rattraper du retard sur les données de vols, faire des photocopies de carte de navigation, nous n’avons rien sur le Pérou et enfin réparer les cracks du silencieux droit. Un des contrôleurs nous conduit toute l’après midi afin de trouver un atelier qui détient une machine à souder au TIG. Soudure hyper pro et le patron refuse de se faire payer ! Je retourne sur le terrain pour remonter le silencieux, pendant que Christian plonge dans internet pour faire de son travail de bureau. Remontage terminé à la lampe frontale, photo de famille avec les Bomberos de l’aéroport de Tacna ; un des leur me ramène à l’hôtel durant son service… Les Péruviens ont vraiment le sens de l’hospitalité.

 

Puis cette fatigue qui ne nous quitte pas, c’est dingue. Nuit lourde de sommeil après une soirée resto viande à se lécher les babines. Le lendemain, tôt, nous sommes, prêt à décoller après avoir resserrer le montant vidéo ; sur le plan de vol, détour pas Arequipa afin de ne pas faire trop de côtier. Un des pompier me donne son écusson ; un contrôleur, après m’avoir donné une paire de lunette de soleil, ayant perdu les mienne hier durant la course pour réparer le pot d’échappement, avec ses collègues, nous font des grands signes. Les péruviens, plutôt sympas pour un premier contact. Ce 6 avril, premier vol au Pérou, Tacna, -Nasca ; c’est mal parti, Arequipa refuse le vol par l’intérieur des terres 15 minutes après le décollage… Opération militaire en cours disent-ils ! Zut, re planifier la nav en vol, refaire, les estimations et tout et tout…. Puis, nous n’avons pas trop envie de se taper que du bord de mer ! Finalement, ce fut un vol de 6H15 fabuleux, une côte surprenante, des canyons  d’une profondeur de plus de 2500 MTS, du désert très minéral  et finalement passage à plus de 12500’ avant l’arrivée à Nasca… Nous qui nous attendions à un vol Côtier barbant ! Nasca, trafic d’enfer, plus de 150000 Touristes viennent y voir les fameuses lignes de Nasca, les soit disants pistes d’atterrissages pour extra-terrestre, qui finalement sont un gigantesque calendrier qui servait à connaître la période des semences venue, en coordination avec la  remontée des nappes phréatiques. Visite de courtoisie chez les contrôleurs, le chef de piste nous trouvent un hangar, puis un hôtel en face de l’aérodrome. Les autres pilotes sont adorables et se plaignent des lourdeurs administratives de leur pays. Nous aussi, pas le droit de survoler les lignes, c’est non spécifié sur la demande…Cela commence à nous chauffer les oreilles et nous négocions un passage à 4000 pied. Heureusement, ici les gens sont du genre humain cool, c’est OK. Lourde manutention habituelle entre l’essence, les affaires, le matos à ne pas laisser dans l’avion… J’aimerais voyager les mains dans les poches. Fin d’après-midi à remettre à jour la paperasse et comme d’habitude, nous nous écroulons exténué… Incroyable ! Lendemain matin, en piste à 5H45, afin de décoller avant le ballet incessant des avions sur les lignes de Nasca afin de descendre bien en dessous des 4000 pieds ; un pilote nous explique tous les trucs ! Mais c’est sans compter la paperasse…2H30 d’attente pour les reçus et comble du comble, Lima ne veut pas de nous, seuls les vols IFR y sont acceptés. Mais nous avions explicitement demandé un autre aérodrome pour ces raisons. Cela nous avait été refusé car nous sommes immatriculé au Chili. Sur la clearance, Lima y est imposé… Réveillé tôt, fatigué et le ventre vide, je montre gentiment les dents.

 

Christian, efficace comme d’habitude, ne me voyant pas revenir, met à jour ses GPS, vérifie à fond l’Aircam, le charge  et fait un peu de son travail de bureau… Coéquipier de rêve.

 

Après maint coup de fil, OK pour Lima mais si j’ai une mauvaise transmission radio, ils nous renvoient sur  Pisco. Impossible, je n’aurais pas l’essence pour le faire, encore des blablablablabla interminables avec un autre contrôleur tatillon qui ne veut être responsable de rien. Finalement décollage en pleine chaleur et au pic des vols touristiques. Le contrôleur qui s’est manifestement levé du pied gauche, n’a visiblement pas envie que nous allions voir les fameuses lignes. Pensant me coincer, me demande un report à 4000’ dans l’axe, qui, en avion normal, serait bien loin du point d’entrée des lignes de Nasqua… Hihihihi, nous sommes  en Aircam !  en deux longueurs et demie de piste, nous y sommes, il est vert le gars. Alors  commence d’incessantes demandes d’estimations sur des points dont nous n’avons pas la moindre idée et je n’ai pas envie de nous voir refuser l’autorisation de transit sur Lima si je prétends ne pas l’entendre. Je n’arrête pas de lui donner des « standing by », il m’a dans le pif le bougre. Nous faisons tant bien que mal quelques photos des lignes, nous ratons les plus belles… Il nous a finalement eu ! Au moment ou j’allais carrément l’envoyer c…r à sa énième demande d’estimation, il me relâche sur une autre zone de contrôle ! Nous redoutons très fort l’arrivée sur Lima.

 

 

Finalement, après un très beau vol de 4H00, arrivée en douceur en VFR, avec passage sur le centre ville, en une procédure hyper simple, contrôleur sympa et avec par chance du beau temps, dans ces contrées cela est plutôt rare à cette heure-ci. L’arrivée à Lima international,  c’est bien plus simple que le départ de Nasca. Assistance sol, « follow me » très cool, entre un incessant ballet de Boeing et un vent au sol très fort, levant des nuages de sable. Une compagnie aérienne privée nous accueil en ses murs avec l’Aircam, j’avais peur  de la force de ce vent et du souffle des gros-porteurs. Les types adorables, nous cherchent de l’essence voiture, nous facilitent tout le train train administratif, nous mettent à dispo chauffeurs et véhicules pour faire les kilomètres entre les differents bureaux et nous faciliter la sortie de  l’Aéroport. Taxi pour Lima centre, vers un hôtel sympa en plein cœur. Le tout, enfin léger, nous avons laissé nos équipements de valeurs dans les bureaux de piste. Du luxe, 20 USD chacun la nuit pour un 3 étoiles, en plein centre de Lima, c’est Byzance ce soir. Nous réunissons un peu d’énergie et direction centre ville. Je ne m’y attendais pas, c’est très beau et nous tombons sur le départ d’une procession religieuse assez spectaculaire… Le chemin de croix !

 

 

Récit n°6

Par Alexis Peltier :: samedi 01 avril 2006 à 17:48

Du 30 Mars 06 départ Santiago au  1er Avril 06 arrivée San Pedro d'Atacama Chili

 

 


Écrit au Pérou, Nasca, le 6 Avril, je ne sais pas quel jour. (Récit jusqu’à l’arrivée à San Pedro)

 

 

Que de journées intenses depuis le départ, le vrai départ, le 30 Mars !

 

 

Santiago/ Ovalle, Nous avons cru que nous ne partions pas… Après ces journées sous le soleil brûlant, pendant des heures, en souhaitant un peu d’ombre et  bien voilà que le jour du départ, brouillard, plafond bas, visi nulle !!! Même mon ami Luis en partance pour Porto Mountt en Bi moteur a eu sa « clearance » IFR annulée, nous sommes mal partis, ce n’est pas juste. Finalement, à 13H00, une toute petite éclaircie, verticale seulement ! Je tente le dépôt de plan de vol, c’est accepté, vite à l’Aircam chargé à bloc sous l’œil incrédule de Wilfredo ! Taxi Alpha pour la piste Sud et coup de bambou ! Autorisation de décoller refusée, les mini VFR (vol à vue) n’y sont pas ! Heureusement, les contrôleurs sont hyper sympas et très pros au Chili, ils me proposent un VFR Spécial sous radar pour la sortie de Santiago, J’accepte avec joie, entre le 1° virage en plein centre ville à 4.000 pieds, seulement à 4 nautiques de Tobalaba, je mets le point si proche sur le GPS, on ne sait jamais ! Brouillard et pollution ne fait pas bon ménage pour la visi. Je voulais de belle photos verticale Santiago,   nous aurons du David Hamilton. En plus il y a un meeting aérien sur une des Zones de la ville, le transit Ouest est fermé, ils me donnent une directe Nord. Grands signes d’au revoir aux contrôleurs amusés des couleurs de l’aircam et à Wilfred qui voit ses petits poussins partir pour un trop grand voyage. Ce sont les gorges serrées d’émotion que je demande ma permission de décoller et la larme à l’œil que je crie un « ALLEZZZZ », depuis toutes ces années que j’attendais ça… Bon pas de place pour des pleurnichages,   vraiment la visibilité est exécrable et suit ravis de mon premier « way point » GPS à seulement 4 nautique, lumière de face. Pas trop le temps de s’extasier du survol du  centre ville Santiago fait  30 Km de long … Ils sont tops ici, imaginez seulement faire des départs  de navigation sur la tour Eiffel  et dans le brouillard ! Enfin, nous sommes parti et tout de suite la cordillère.  Au bout d’une heure de vol, la visi devient bonne, mais le bord de mer est vraiment mauvais, qu’à cela ne tienne, nous longeons la Cordillère jusqu’à Ovalle, petite ville minière avec une piste énorme. Seulement 327 KM à 106,9 de moyenne, mais nous sommes partis, Christian est heureux. Première nuit en hangar pour l’aircam et nous dans un petit hôtel, sympa et le moins cher possible.  Le 7, il fait beau, ouf. Nous perdons pas mal de temps à trouver la place des choses et décollage pour El Salvador 320 Km, 106,3 de moyenne, nous sommes sur une zone semi-aride, en montée quasi constante, c’est très beau. Atterrissage après un vol de 3H00 à El Salvador, piste énorme en plein désert, le contrôleur me donne une approche en vent arrière, il a l’habitude des gros trucs, le gars… Je demande une arrivée vent de face, vaut mieux par 15 nœuds en train classique don, je n’ai pas encore l’habitude… Refuelling, un Boeing se pose, le pilote intrigué vient nous voir, super sympa le bonhomme, il nous fait envoyer par une hôtesse de l’air, 1 Kg de bombons juste avant la mise en route de ses moteurs. Nous avons juste le temps d’aller à La escondida.2H00 de vol, 270 Km, nous n’avons pas cessé de monter jusqu’à 14000 pieds quelquefois, le froid est cru, le paysage fabuleux et l’environnement hostile au possible ;               , 134,3 de moyenne... L’Aircam est un outil de fou, se comporte super bien et change l’approche du vol totalement. J’avoue être content avoir de temps à autre un contact avec le contrôle de Santiago, hyper efficace, nous ne sommes pas grand-chose ! Atterrissage juste à la nuit aéronautique. Couleurs sublimes, froid mordant, piste d’une exploitation de cuivre, tout en démesuré. Lieu de posé, loin des installations minières, à la nuit tombante. Nous essayons d’attirer l’attention, rien ! Nous n’avons pas beaucoup à manger, peu à boire,   en 5H00 de vol, on se déshydrate dans ces régions…. Qu’à cela ne tienne, nous passerons la nuit sous les ailes de l’avion, à 10.300 pieds d’altitude, dans nos sacs de couchage, entouré de la house de cellule… La voûte étoilée est fabuleuse, avec Christian on se marre de la situation autour d’un fond de Coca cola qui nous à été donné à El salvador, du saucisson acheté à Ovalle et des bonbons du Boeing et nous nous écroulons dans un sommeil bien mérité pour une froide nuit.

 

 

Réveil non matinal malgré la lumière, lent chargement de l’aircam et décollage pour San Pedro de l’Atacama !

Départ sur la mine gigantesque, puis survol des  fameux observatoires tout aussi gigantesques, au point de faire un 360 autour de la coupole posée sur le sommet d’une montagne décapitée.   245 Km, vol, de 2H00 absolument sublime, avec l’arrivée sur le désert des déserts… L’Atacama !!! depuis le temps qu’il fascinait mon imagination, je n’ai pas été déçu, c’est vraiment très beau… Dommage que l’environnement soit tellement abîmé par la prospection minière. Arrivée spectaculaire sur la vallée de la lune et atterrissage à San Pedro où nous attend depuis 2 jours,   Mathilda et    Marciano, ami de Wilfredo et passionnés de vol.

 

 

Récit N°5

Par Alexis Peltier :: mercredi 29 mars 2006 à 17:33

Du 29 Mars 06 au  29 Mars 06 dernier jour à Santiago

 

Depuis Dimanche dernier, gros progrès, ouf car  je n’en peux plus d’être à Santiago à faire de la mécanique intensive à l’aérodrome de Tobalaba en plein soleil.

 

Hier, en confirmant par téléphone, les autorisations du Pérou, bien, ils ne trouvaient pas mon dossier !! pourtant la DGAC de Lima avait demandé des documents supplémentaires ?!

 

Bon, avec luis, du bureau de Pedro, l’ancien propriétaire de L’aircam, nous avons passé les ¾ de la journée à tout refaire avec suivit immédiat par téléphone avec la responsable des licences ; ça promet le Pérou, ils ont l’air bien bureaucrates !

 

 

Hier, ouf, vol d’essais en toute fin de journée, l’aircam se comporte sainement, les caméras ne vibrent pas ! J’ai l’ouverture de la « Paluche » qui à l’air de ne pas marcher, à tous les réglages c’est toujours sur ex, mis à part en C, en plein fermé ! Une très légère fuite d’huile réglée ce matin et mon horizon qui n’est pas fiable, mais Wilfred pense avoir trouvé ; il faudrait essayer qu’il soit vertical +/- 15°. On ira à tâtons lors des prochains vols. Hier soir, nous allégeons au maximum nos sacs, une partie ira en Fedex à Miami et quelques petits Kilos retourneront en Europe.

 

Enfin aujourd’hui, l’aircam est prêt, nous décidons de partir cet AM. Wilfred a contacté le journal, « El Mercuro », un des plus gros tirage du Chili, ils sont venus immédiatement, c’était marrant. Puis courir à la MTO, catastrophe, à la Serena, plafond overcast à 1000 Ft, en plus vent du N-E. Les spécialistes des services aéronautique ici, des super pros et très sympa… Partir à la bourre, dans une région inconnue et arriver avec une MTO pas terrible, en étant en plus fatigué… Nous décollerons demain ! J’ai filmé Christian quand nous lui avons annoncé ça, on s’est bien marré avec Luis…. Au moins, nous prenons le temps de fignoler. Le plein est fait, l’avion propre, les piquets d’attaches au complet.

 

Ce soir c’est écriture nav, nous allons faire 890 Km demain, l’Atacama, c’est à 1.250 Km... Y arriver en plein dans les thermiques, après plus de 10H00 de vol dans la journée…Finalement, la nuit sous les étoiles, ça sera pour après-demain.

 

Ça sent enfin le départ, quelle délivrance !

 

Zut, j’ai laissé mon appareil photo avec mes bagages à Tobalaba, donc pas d’images ce coup-ci. Je vais voir avec celui de Christian au cas ou.

 

À la prochaine, je ne sais pas quand, mais à bientôt.

 

Alexis.

 

 

Récit N°4

Par Alexis Peltier :: samedi 25 mars 2006 à 17:46

Du 25 Mars 06 Santiago, au  25 Mars 06 Santiago

 

 

 

 

Ça sent le brûlé de date, on est le 25 Mars, toujours à Santiago et demain, on ne décollera pas. Enfin, les ailes sont remontées, quel boulot de dingue, ce n’est vraiment pas la facilité de l’ULM. C’est complexe de montage mais très solide. Journée éreintante en plein soleil tout le temps, avec le trou de la couche d’ozone du coin, il ne fait pas bon de rester longtemps sous les UV. Puis zut de zut, les caméras vibrent sur leurs montants, Christian travaille dessus. Luis est revenu nous voir en fin de journée et avec Christian sont repartis chercher de quoi se nourrir, ils sont revenu avec du Mac Donald’s !!! Dévoré à la nuit tombante sur le capot de sa voiture. Pour finir avec cette journée « passionnante », toujours pas reçu mes démarreurs ! Aujourd’hui, j’ai eu une grosse baisse de moral, je ne peux plus trop perdre de temps pour le Groenland, il faut que j’y sois dans 2 mois et 1 semaine… Entre temps, sur 21.000 Km, tout peut arriver et beaucoup de belles choses à voir. Wilfredo, avec ses 69 ans et ses os de jambes en métal, tient super bien la route. Deux jours sans connexions et pas de réponses du Pérou !

 

Depuis les 9 jours que je suis a Tobalaba, je me suis fait très copain avec une petite chienne errante, que j’ai vu arriver  en Novembre dernier. Je vais avoir de la peine de la quitter, elle est top.

 

Il est 22H30, ce soir, je me couche tôt. Wilfred et Christian se sont écroulés et ils ont bien raisons.


 

Récit N°3

Par Alexis Peltier :: vendredi 24 mars 2006 à 17:37

Du 23 Mars 06 Santiago, au  23 Mars 06 Santiago

 

 

 

Journée de « Cambrone » !

 

 

Heureusement que loin là-bas, j’ai des amis qui font beaucoup, merci Yves, Jean-Philippe, Anne, Christophe, pour les relais. Après un coup de téléphone au BRIA afin de suivre mes demandes d’autorisations et un mail d’Yves, le Pérou a besoin de renseignement complémentaire et Anne qui ne pourra pas me rejoindre quelques jours aux USA, cause passeport/visas… Luis, tout de suite sur le qui vive pour le Pérou, s’en occupe avec moi. Entre temps, coup de fil a la Direction générale de l’aviation civile du Chili… Catastrophe, on est vendredi, ils n’ont toujours pas ma validation de licence, cellule de crise... Pourquoi ? D’après eux, le Kenya n’a pas répondu a la demande de véracité de mes licences ! Faux, je les ai eus au téléphone, les gars du Kenya,    sont aussi des amis,   m’ont même donné l’adresse email où ils ont répondu. Organisation des répartitions de travaux sur l’Aircam et avec Luis,   nous sautons dans sa voiture, s’occuper des demandes d’informations pour le Pérou, scan, téléfax, contacts. Il faut aussi écrire une lettre comme quoi, je ne transporte pas d’arme, de munition, et que, oups, l’avion ne soit pas équipé pour de la prise de vue aérienne… Il va falloir jouer fin. Puis nous fonçons à la DGAC avant qu’il ne soit trop tard, sinon tout est reporté à Lundi !! Effectivement, sur leur serveur, pas de mail du Kenya, pourtant cela à été fait, je ne peux pas avoir inventé l’adresse que m’a donnée le service des licences de vol au Kenya. Je montre un peu les dents, juste ce qu’il faut, Luis y va de tout son sang Espagnol et finalement, nous sommes reçu chez le responsable du service, qui aime mon histoire du Groenland et qui, juste à 5 minutes de la fermeture des bureaux, me fait ma licence Chilienne !! Encore à l’arraché, ça promet ce trip ! retour à Tobalaba airport en pleine heure de pointe. Depuis une semaine, je filme les points chauds des journées, je viens de finir la première K7 d’une heure ! Pendant ce temps, Wifredo et Christian ont super bien bossé. La peinture est enfin finie, les finitions motrices aussi, mis à part les nouveaux démarreurs qui n’ont pas encore été livrés… Au pire, un nouveau moteur est juste arrivé pour un autre avion, je pourrai toujours prendre le démarreur que Wilfredo remplacera à la réception des miens ! Puis c’est agréable, Christian est un scientifique, qui chose rare est très habile en bricolage, il m’a fait un support camera Vidéo à faire pâlir n’importe quel moule numérisé ! Par contre, je n’ai toujours pas toutes les cartes nécessaires ! En filmant ce soir, la fin de la longue journée de travail, après avoir réglé les retours des commandes de gaz et de starter, j’ai demandé, en forme d’interview, à Christian, qui était très inconfortablement penché sur la fixation des ailerons, ce qu’il faisait…  Réponse amère... – « Je prends mes vacances !! »…. Ce soir, dîner avec Luis, Wilfred, dans un resto Péruvien, faut bien s’y préparer non ? Rentré à 10H30, je m’occupe de mes demandes de safaris, pas question de perdre ma saison de printemps, ça serait trop grave. Christian s’est écroulé, Wilfred aussi ! Amon tour, je n’en peux plus.

 

Récit N°2

Par Alexis Peltier :: mercredi 22 mars 2006 à 21:25

Du 22 Mars 06 Santiago, au  22 Mars 06 Santiago

 

 




Nous sommes le 22 Mars, toujours à Santiago, Christian est arrivé hier, ; il a bossé de suite après 35 heures de voyage. Changement de toutes les durites d’essence.Dur, l’Aircam c’est vraiment un avion, pour faire de l’entretien courrant, il faut vraiment tout démonter, c’est plus de l’ULM ! De belles prises de tête et l’atelier de Wilfredo est une vraie cave d’Ali Baba, il y a tout pour construire un avion de A à plus que Z mais pour trouver quelque chose, il faut s’armer de patience. Grâce à mes amis du centre d’opération, je communique beaucoup plus facilement avec les miens, c’est tellement plus fort ainsi.

 

 

Après une conversation téléphonique avec Philippe d’Avirex en France, j’ai eu de bonnes indications sur les problèmes de vibrations au démarrage. J’ai piraté un démarreur nouvelle version sur un moteur en stock ici…Effectivement, c’est le jour et la nuit, demain, je reçois 2 démarreurs ; dur pour le budget qui n’est déjà pas au mieux de sa forme dés le départ... Mais gros soulagement, rien à voir avec un problème du limiteur de couple, Philippe avait bien raison… C’est toujours bien de demander à des pros qui savent être disponibles ! Tout à été vu sur les groupes moteurs, lui, au moins, l’Aircam partira au top de sa forme. Chapitre Galère, le Radeau de survie est retourné en France, ces idiots de transporteurs, malgré le prix pleins pot de transport de marchandise dangereuse, n’ont pas été foutus d’y mettre les documents y afférant... C’est bien pour un raft de survie fait pour l’aviation et qui sont constamment à bord d’avion ! Heureusement, Wilfred à pleins d’amis, dont un pilote de ligne habitant à Lima, nous le ferons livrer chez lui, ce n’est pas sur la cordillère que nous aurons besoin d’un canot et cela nous fera gagner jusque la 6 Kg ! Christian, depuis hier, à beaucoup travaillé sur la finition des moteurs à protéger tout frottement sur les durites, serrage, révision général, finition et surtout, avec mon ami Luis, pilote pro de son état, qui est revenu ce matin à Santiago, ils ont réussi à trouver des logiciels de folies qui complètent à merveille les infos données, navigations, permis d’entrées, faites par Christophe à Paris. Il nous manque encore des cartes de vol, le permis d’entrée dans le premier pays, ma validation de licence de pilote Chilienne (c’est en cours) et nous décollons Samedi... On aura tout, comme d’habitude, au dernier moment, on s’y fait ! Demain journée de folie, finition de peinture, remontage des ailes, aviation civile, courses, installation des support vidéo etc.… Vaut mieux pas trop y penser ! En tout cas, on rencontre des gens incroyable ici... Aujourd’hui, homme à la retraite, don, la mère était amie de Mermoz, St Ex. et lui a bien connu Dorat… Formidable de rencontrer des gens biens vivants qui ont vu, parlé, touché ces grands hommes qui ont bercé tout l’imaginaire de ma vie ; Très forte émotion. Dommage, il n’a pas été à l’aise quand je lui ai demandé si je pouvais le filmer me racontant ces histoires pendant que je m’acharnais sur une durite inaccessible et récalcitrante… J’ai les yeux qui brûlent, on campe chez Wilfredo, Christian est écroulé dans le canapé après ces folles journées trop chargées de Nairobi et un monceau de travail pris avec lui..Bonsoir, je me couche.

 

Récit N°1 : pre-Antarès

Par Alexis Peltier :: dimanche 19 mars 2006 à 20:37

Du 14 Mars 06 Monaco, au  19 Mars 06 Santiago du Chili

 

 


Pendant près de 4 mois, Christian et moi, devions partir pour une réévaluation aérienne de certains sites en Amérique latine dont, les écosystèmes sont en danger.

 

Gros travail afin de se libérer jusqu’à fin Juin, faisant face à toutes les obligations que demandes une petite société au Kenya… Nous avons eu du mal à rassembler les financements nécessaires en trop peu de temps et sans disponibilités réelles pour la  préparations d’un tel projet d’envergure. Inutile de dire que les nuits furent courtes pour Anne, Christian et moi.

 

Quelques jours avant le départ du Kenya, à la suite d’un point de la situation avec Christian, il a fallu se rendre à l’évidence de l’obligation de reporter ce beau projet que nous avions nommé Antarès, décision prise la mort dans l’âme après tant d’efforts. Cette nuit-là, fut longue, mauvaise, très agitée et c’est en transpiration que toutes mes envies viscérales me sont revenues ; faire un long  vol, sur bien de différents écosystèmes dans un avion lent sûr et ouvert, avec un passage sur l’Atlantique. Et si en plus je pouvais récolter un peu de financement pour concrétiser enfin Antarès, avec les photos, films et prises de données systématiques que nous ferions en chemins !?!?

 

Je suis maintenant libre, par la force des choses, jusqu’à fin juin, ma seule porte possible pour le Groenland, pas l’ombre d’un budget et l’Aircam au Chili… Si l’on doit attendre d’avoir le temps et l’argent pour réaliser bien des choses,   nous ne ferions rien ; l’un étant, dans la majorité des cas, incompatible avec l’autre. Le temps, je l’ai, le nerf de la guerre, on verra !

 

 

C’est tout naturellement, dans cet état d’esprit et à contresens, que je débarque en Europe, avec mec mes gros sabots,    générant une ambiance lourde et non propice à la préparation d’un tel périple. Sans l’aide précieuse d’Olivier pour son expérience de tels voyages, Jean-Philippe pour son soutien tant moral que financier. Jean pour m’avoir trouvé de quoi filmer. Yves pour avoir fouillé dans Internet, s’étant déplacé de St Malo à Paris pour me voir, me donner un coup de main puis préparer le timing de la partie USA/Canada, ou il me soutient et qu’il fait avec moi. Puis Christophe, le cœur sur la main, une grande expérience d’un homme qui se dit  éternel débutant, au savoir érudit ; avec lui   nous venons de travailler 3 Jours, nuits comprises, il m’a gâté comme un vrai père, merci l’ami. Moi au bouclage de ma saison de safari, trouvé puis réunir le matériel de survie et lui à me préparer les navigations, les permis, sur tant de pays à traverser. Sans eux,   je n’y serais jamais arrivé. Le principal fut fait, tout à l’arraché. Le matériel de survie, suit par poste, pas le temps de le chercher ou de le recevoir.

 



 

Hier, le 15 Mars, je prends l’avion à 21H20, après un coup de fil, j’apprends que l’aircam n’est toujours pas ré-entoiller, sa nouvelle peinture pas terminée, après 3 mois... La demande de  permis d’entrée au Pérou est au 26 Mars, Christian débarque à Santiago, le 19… Je devais déjà m’occuper de certains visas, de la validation de ma licence de pilote, du permis de sortie de l’Aircam… Il va en plus falloir retrousser les manches….  Encore de lourdes journées qui m’attendent. C’est dans un état  de fatigue sans nom, que je me retrouve en transit à Sao Paulo le 16 Mars… À plus tard. Rendez-vous au Chile.

 

Je reprends la plume, disons le clavier, 3 jours après mon arrivée à Santiago. Effectivement, l’aircam est loin d’être prêt. Bon, quand j’ai débarqué directement en taxi à l’aérodrome de Tobalaba, avec mes bagages, j’ai trouvé la cellule  peinte, le choix des couleurs et le design  « jette » un maximum, mais gros travail  à réaliser. Une aile entoilée, non peinte, l’autre toujours avec l’ancienne toile. Point de vu moteur et circuit électrique, rien de fait. J’ai rencontré Wilfredo à la petite gargote de l’aérodrome. Ce type est un génie de la construction aéronautique, son défaut, être trop sympa, donc trop d’avion à construire à la fois. Une chose, la fatigue, le décalage horaire et le tourne vis, c’est dur. En fin de journée, Wilfredo me propose de rester chez lui, alors nous travaillons d’arrache pied jours et nuits ; en 2 jours, aile entoilée, peinture faite sur les extrados, démarche à l’aviation civile, installation des commandes de vidéo et des alimentations électriques, tubulures d’échappement neuve commandées et envoyées gracieusement par Leza, sympa ! Aussi, dans le chapitre bonne nouvelle, Yves, mon allié de taille, a regardé pour les ressortissants Français, je n’ai pas besoin de visas, en restant moins de 90 jours, dans tous les pays à traverser jusqu’aux USA, juste une apposition en arrivant en Colombie. Avoir des passeports comme les nôtres, c’est tout de même un sacré privilège.

 

Christian arrive le 21 et je voudrais pouvoir décoller en fin de semaine. Je suis aussi totalement intégré chez les contrôleurs aériens, ils m’aident pour mes connexions Internet et sont très fiers d’avoir un avion immatriculé au Chili, qui part si loin, pour servir plus tard  les causes environnementales en Afrique ; ils m’ont fait visiter les installations ; tous adorent l’idée  pour la nouvelle peinture et me donnent un maximum de support. Avec Wilfredo, nous nous gavons de fruit, cette entrée en automne fait tout drôle ! En 3 semaines, j’ai connu l’été au Kenya, l’hiver en France et l’automne au Chili. C’est si dommage de ne pas se sentir en harmonie avec les personnes qui compte dans une vie, oui, partir, c’est toujours trop loin et ce n’est jamais le moment. Ce matin de Dimanche, nous n’avons pas pu nous réveiller tôt, comme prévu, nous sommes arrivés à Tobalaba à 10H30 et avons travaillé 9H00 non-stop.

 

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