Le blog d'Alexis Peltier - Pilote de brousse et photographe

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Alexis Peltier

Alexis Peltier Expéditions, récits, aventures d'Alexis Peltier à travers le monde. Histoires, photos pour partager, s'émouvoir, et mieux voir le monde.

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Récit n°8

Par Alexis Peltier :: lundi 10 avril 2006 à 16:58

Du 07 Avril soirée à Lima au 10 Avril, arrivé à Quito en Equateur

 

 

 

 

Ecris le 16-04-06 à Rio Negro Colombie.

 

Donc, c’est avec beaucoup de retard que je reprends notre arrivée à LIMA. La « Placa de arma » est sublime, les balcons de Lima sont réputés mondialement. Nous suivons la procession du chemin de croix et Christian cherche un super chandail le Péruvien et nous voici parti à l’autre bout de la ville dans la circulation de fou. Je n’ai pas l’énergie de résister. Nous achetons chacun, pour celle que l’on aime, restée trop loin, une belle couverture. Repas au poisson et nous nous écroulons comme d’habitude. Aussi comme d’habitude, départ tôt, facture salée à l’aérodrome, marathon administratif facilité par la présence d’un habitué des lieux ; perte de temps incroyable juste pour payer très cher un service qui nous casse drôlement les pieds puis, dépôt plans de vol, Metar (MTO actuelle sur différents aérodromes) et prévision MTO, etc.… Ce n’est pas terrible pour du VFR (vol à vue) dans le coin. Demande accordée d’un VFR spécial, avec transit de sortie à 1500 pieds. Le « follow me » fonce comme un malade, taxier vent arrière avec une roulette de queue à cette vitesse est trop casse pipe, je ralentis, il finit par nous laisser et nous voilà aligner sur une piste dont nous ne voyons pas le bout. Avec ce vent, nous sommes en l’air avant la fin du peigne (marquage de début de piste) et à 900 pieds, déjà à la base des nuages…Un trou juste dessus, avec Christian nous nous écrions –« Aircamons ! », c’est-à-dire plein pot, manche tiré et d’un bon, nous nous trouvons sur une mer blanche !!! Quand même bien puissant l’engin, je n’en reviens pas, surtout avec le poids embarqué pour un vol de 6H30 vers Trujillo, le 8 Avril. Que du côtier et du sirus soudé. Nous décidons de couper tout droit, ce qui nous fait un vol maritime de 45 minutes à 25 Km des côtes… L’Aircam tire à Gauche et ce défaut de réglage s’avère très gênant pour tenir droit l’avion en condition de vol à vue marginale et mon horizon artificiel qui m’indique tout et n’importe quoi ! Comme disait Wilfred, il est installé sur un tableau de bord dont l’angle et trop loin de la verticale en position de vol. Qu’a cela ne tient, Letherman en main, Christian aux commandes, desserrage de l’instrument, surtout les vis du bas et insertion d’un morceau d’emballage d’un paquet de biscuits. Ça marche, nous continuons en se racontant des blagues afin de briser la monotonie de ce vol. 30 Nautique après le travers  de Chimbote, le temps se dégrade sérieusement, Trujillo me refuse l’arrivée en VFR spécial, déroutement sur Chimbote, passage en spirale, de la couche drôlement basse par un trou  et arrivée par 20 nœuds de  vent à Chimbote après 4H15 de vol. Piste démesurée, déserte, sauf 2 Pompiers et un contrôleur, ce pour une moyenne de 4 avions par mois ! Comme d’habitude encore, les « Bomberos » sont adorables, nous aides à arrimer l’Aircam,  mettent à dispo leur véhicule afin de chercher de l’essence. Le temps se détériore, obligation de passer la nuit sur place. Après concertation, nous décidons de sauter Trujillo et de faire le vol direct sur Tumbes à l’extrême nord du Pérou, soit 720 Km. Négociation serrée avec la direction de l’aviation civile qui exige que je me pose quand même vu que c’est sur ma demande ! Heureusement le contrôleur de Chimbote est top, il arrange le coup, mais nous annonce que demain c’est Dimanche et qu’il devra ouvrir l’aérodrome pour nous, donc frais de pompier et tout et tout. Je regarde sur l’AIP, c’est vrai, c’est la règle, il est sympa, il ne nous comptera qu’une heure et en plus viendrons-nous chercher. Re-pompier pour plus d’essence ! Et arrivée tardive dans un hôtel pas trop  mal. Trouver point Internet tenu par un gars super sympa en tuc tuc conduit par un Indien fort sympathique et dîner avec le seul  poisson qui restait. Re- écroulage, mais qu’est ce qui nous arrive ? Puis nous avons sérieusement maigris tout les 2 et l’on se marre toujours autant !

 


 

En ce matin de Dimanche 9 avril, jour des élections présidentielles au Pérou, le temps est brumeux, c’est très humide, tout est trempé sur l’Aircam. Début de vol côtier un peu barbant, sans grande visi et ouf direction terre tout en gardant le cap au Nord. Le paysage change, la visi aussi, le terrain monte très vite, c’est beau, mais de gros Cumulus bourgeonnent dangereusement, nous ne pouvons tenir les 8000 pieds obligatoires sur la  Zone militaire à partir de Piura, nous devons descendre et c’est maintenant plein de montagnes…La Cordillère guette toujours les imprudents… Je m’occupe de la navigation générale avec les points de virages et Christian de la nav revue en fonction du relief. Nous n’avons que des photocopies de carte IFR (vol aux instruments) low level et Christian un GPS de survey redoutable d’efficacité, en plus il s’en sert bien le bougre ! C’est dans des vallées en passant dans l’espace aérien de l’équateur que nous nous dirigeons vers Tumbes. Vous voulez savoir, le pire est qu’avec Christian, nous faisons tout ce travail en symbiose totale, en gardant de bonnes marges de sécurité et en appréciant ces moments difficiles pendant lesquels notre amitié se lie de plus en plus dans une confiance réciproque absolue. Le contrôleur m’autorise la descente, en VFR s’il vous plait, et me demande un rapport à 6000 et 4000 pieds… « Ça fait longtemps que j’y suis mon coco !!! Tu me fais marrer avec ton  VFR mon vieux ». Atterrissage à Tumbes. Ector, le responsable de piste et super sympa, 2 des pompiers aussi, mais le coin est glauque au possible qui sent l’affluence touristique. Re tralala d’essence avec le Tuc tuc d’un des pompiers, bien mené par Christian pendant que je me dépatouille dans ce fatras administratif. La nuit tombe, il y a plein de moustique, l’air   chaud et humide semble ce soir bien déplaisant ! Nous sautons dans un taxi qui demande un prix à achever un milliardaire, nous négocions avec un autre qui doublera le prix à l’arrivée, mais ce genre de ruse, nous y sommes rôdé, ce genre de bêtise, c’est notre quotidien, mal tombé le type ! Hôtel vraiment sordide et sale, mais bon à 5 Usd la nuit, ce n’est pas le Marriott ! Heureusement, la place d’arme est sympa, pas un touriste, ils doivent rester bien protégés des « dangers » de l’extérieur sur les hôtels du bord de mer. Dîner à la spécialité du coin le « Ceviche mixto », super bon, le tout, dévoré par les moustiques en s’amusant du manège incessant de toujours les mêmes motocyclettes et voitures qui tournent autour de la place très animée ; ça drague dur dans le coin !

 

 

Lundi 10, nous avions tout fait administrativement afin de partir tôt mais trop fatigués, nous avions remis au lendemain les bureaux de l’émigration… Erreur ! Réveil 6H00, ça commence mal, pas trouvé de café ; le taxi d’hier arrive, il vaut mieux connaître son adversaire dans le coin… Ce n’est pas avant près de 10H00 que nous avons les tampons. Direction l’aéroport, déjà fatigué avant de commencer, nous nous restaurerons dans la gargotte du parking ; nous nous  jurons de mettre au moins 10 Usd chacun, la nuit ! Bien sûre personne ! On se tape 4 Km de plus vers le village voisin…  Impossible de trouver un café bien chaud avec une bonne vieille tartine ! et finalement c’est sur une terrasse douteuse que l’on avale un café en sachet s’il vous plait, sachet ayant à son actif au moins 3 services, le tout avec une tartine bizarre surmontée d’une tranche de fromage rance…

 

 

Finalement, décollage en pleine chaleur humide au possible mais   content de quitter Tumbes, vers Guayaquil en Equateur. … Et le mauvais temps, qui est là, bien présent, donc pas de direction vers Quito, en pleine montagne ! Passage de frontière, sans contact radio, ni avec le Pérou, ni avec l’Equateur… Finalement, je capte Gayaquil. Vol sans problèmes, au loin, sur la cordillère, vers le Nord, le temps à l’air meilleur, nous sommes déjà dans la zone de contrôle de Guayaquil. Après concertation avec Christian, nous n’avons aucune envie de nous retrouver dans une ville chaude et humide, qui plus est portuaire et qui de loin à l’air aussi glauque que Tumbes, ce, après un vol encore trop court. Vite, nous nous partageons les tâches, je m’occupe du déroutement, avec le contrôleur et l’évitement des zones interdites, pendant que Christian calcule les points de non-retours si le mauvais temps nous surprends dans les montagnes!!! Changement d’itinéraire accordé, c’est parti, nous avons assez d’essence pour tenter et le non-retour n’est qu’à 25 minutes de Quito, Oups, en plein dans la cordillère. Au bout d’une heure de vol, près de la chaîne de montagne, les cumulus sont assez impressionnants, l’envie de retour se fait sentir, heureusement, le vent n’est pas trop fort et la hauteur des nuages nous donne une bonne idée du relief. Repartage des tâches, Christian, aux courbes de niveaux et moi à la nav, contrôle aérien et point de virage. Nous montons sur la couche, c’est haut, Christian me confirme la présence de la vallée, les premiers contreforts sont passés, nous montons toujours, 14500 pieds, le froid se fait sentir bien mordant, je ne m’étais pas assez couvert en partant de zones trop chaudement moite.  Puis j’ai laissé mes guêtres et écharpe dans le sac tout à l’arrière. Avec le vieux chiffon à huile, je me protège les chevilles comme je peux et la gorge avec la housse de la camera. Enfin, un trou, ce qui nous permet de voir que les nuages ne sont pas collés à la roche et de repérer un coin posable, de suite rentré dans le GPS, on ne sait jamais ! Encore deux  contreforts, si prés… Mais  trop loin, le mauvais temps dans la cordillère rend humble ! Nous  sommes presque au  point de non-retour, le doute s’installe, on ne passera pas… En cour d’un virage afin de vérifier si les cailloux nous permettent un demi-tour, ouf, gros soulagement, un autre trou… Dessous c’est bon, nous sommes au beau milieu de « la » vallée, nous nous engageons, en sachant notre coin posable accessible, donc rassuré… Je sens d’un coup une grosse odeur du genre alcool !!! Des bulles se forment entre le pare brise et le tableau de bord… Gros pincement de cœur, ce n’est vraiment pas le moment d’avoir un problème ! À bon, c’est encore le compas qui fuit, ça va, il est encore utilisable. Le terrain descend enfin, nous sommes passés, nous crions à tue tête un gros houra ! Quito reçoit mon écho radar, le contact radio est établis, nous découvrons la ville… En chemin vers le NDB de l’approche, le contrôle me demande un virage au cap 300, juste au moment où le compas nous lâche complètement… Vite, donne-- moi les caps Christian… 3 Boeings sont en approche, je me retrouve en point d’attente vertical la ville, entre les cumulus, j’ai bien du mal à tenir l’altitude en restant VFR. Enfin, nous sommes autorisé au posé, la pluie revient, il est temps. Atterrissage en pleine ville, c’est sympa. Ce fut un des grands vol de ma carrière de pilote ! À peine posé, prise en charge par un « Follow me », qui est aussi un prestataire de service pour toute l’administration à faire sur les aéroports internationaux. Tout se passe vite, sans problème, l’aircam bien arrimé, en plein terrain militaire et nous nous retrouvons dans un taxi, avec une bonne adresse d’hôtel et nous découvrons avec soulagement un lieu splendide, à 15 Usd chacun la nuit. On nous déconseille de sortir le soir après 10H00, pourtant tout à l’air très calme, mais vu l’armement que tous les gardiens ont, ça doit vite tourner au vinaigre dans le coin !


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Commentaires

Le dimanche 01 juillet 2007 à 10:58, par fox victor
Bonjour,

Merci pour le recit de votre formidable aventure!
Je suis moi même pilote en france VFR et un peu montagne avec mon club. Je suis tombé par hazard sur votre blog après avoir surfé sur des sites sur le Kenya en vue de préparer un safari!
Je garde vos coordonnées, à bientôt.

Philippe

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