Le blog d'Alexis Peltier - Pilote de brousse et photographe

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Récit n°9

Par Alexis Peltier :: vendredi 21 avril 2006 à 16:29

Du 10 Avril soirée à Quito (Equateur) au 17 Avril, arrivé à Panama City

 

 

 

Ecrit le 21-04-06, à Pavas, Costa Rica.





 

C’est terrible, je n’arrive pas à tenir le rythme. Bon, j’en étais à notre première soirée à Quito, donc, nous nous trouvons un resto, un peu d’Internet, ici, la monnaie locale n’existe plus, le dollar et roi et les pauvres, encore plus démunis !

 

En rentrant à l’hôtel, totalement claqué, comme d’habitude, nous nous rendons bien compte que les 15 jours perdus à Santiago, sont bien là, nous n’arriverons pas ensemble à Miami pour le 19 ! Puis foncer comme des malades, ce n’est pas le but non plus et, dans notre état de fatigue, ce serait du suicide. Nous sommes dans un hôtel confortable, dans une ville dont le centre sublime est inscrit au patrimoine mondial. Nous en avons bavé pour arriver, bien, nous prendrons une journée de repos avec visite de la ville. Réveil, pas trop matinal. Christian, s’achète une carte SIM, bien sûre, aussi comme d’habitude, cela ne marche pas ! La ville en  vaut vraiment le détour et fin d’après-midi sur les « grandes hauteurs » de Quito après avoir pris un téléphérique, de marque Française, tout neuf… Pas de bol, c’est plein de nuages ! De retour, mi à pied, mi en taxi, nous ne nous rappelons plus du nom de la rue de notre hôtel, nous nous faisons déposer au pif, la ville est très grande… Dire que nous entamons la traversée de la moitié du monde et que nous nous perdons à pied à Quito, nous éclatons de rire et après 1H30 de marche, comme des pigeons voyageurs, nous retrouvons des repaires et enfin notre hôtel… Encore un bon travail d’équipe ! Le 12 avril, réveil à 5h45, nous voulons décoller avant les formations nuageuses… Catastrophe, dehors, un brouillard à couper au couteau ! Un gros café chaud, moral à la baisse, le taxi est là, notre chauffeur, toujours le même qu’hier, aussi hilare malgré cette heure matinale bien grise, le tout en roulant comme dans un rallye, musique et chauffage à « donfe » ! La cordillère dans le mauvais temps, je vous le dis, ce n'était rien à côté de ça…  À 7H00, comme prévu, Roberto et José sont là afin de nous aider, ils sont hyper pros et très sympas, mais pensent que nous ne pourrons pas partir aujourd’hui !. Finalement, vers 10H30, un trou, le sol va chauffer, tout cela va monter et se transformer en orage et une basse pression qui arrive… Partir, c’est maintenant ou jamais ! tout va très vite, Roberto et José, se partagent les tâches et nous nous trouvons aligné, en surcharge d’essence. Nous callons nos navigations comme à l’habitude, c’est bourré de hautes montagnes dans le coin et nous décollons non loin des  8000 Pieds, avec du cumulus bourgeonnant, partout ! Nous voulions passer dans un col, à 8500 pieds… Nous nous retrouvons, toujours en montée, à 14500 pieds,   en surcharge, l’Aircam, le bougre, il grimpe encore à 700 pieds minutes dans ces conditions, de plus très humide, je n’en reviens pas ; mais hors de question de perdre un moteur ! Nous bifurquons finalement vers le Pacifique, plein Ouest… - « Christian, t’es sûr que c’est la bonne vallée !!! », Affirmation, puis tout corrobore avec les Victor (voies aériennes). Un trou, un peu de  marges, une longue vallée en S qui rétrécit… « Christian, t’es sûr de ton coup ? »,. Son sourire satisfait en guise de réponse et je peux encore faire demi-tour par un virage  déclenché à droite en me collant sur la paroi de gauche au vent… C’est superbe ! Un autre trou, nous devinons une énorme salade de brocolis, la jungle, là,   juste en dessous… Nous plongeons littéralement, nous sommes sortis des pièges de la cordière ! Nous nous retrouvons à 1700 pieds sur une vraie belle jungle, à perte de vue, un plafond soudé, pluie éparse… Cela ne s’annonce pas bien pour Cali. Les blousons, appareils photos et cameras, suintent de condensation, tout et trempé, plus rien d’électrique ne marche… J’enrage, envie de balancer les vidéos par-dessus bord ! Nous passons la frontière Colombienne, encore une fois, pas de contact radio, trop bas… On verra bien ! Travers Tumaco passé, pas de réponse, cela fait 1 heure que nous sommes en Colombie, en plein sur la zone du fameux FARC… Avec tout ce que l’on a entendu, nous ne sommes pas des plus rassurés… Puis, surgit deux gros hélicos très camouflage, je ne pense pas qu’ils m’aient vu, je me mets à la base des nuages, en accord purement mental avec Christian… On ne sait jamais pas si leur présence est très catholique. S’ils nous foncent dessus, nous rentrerons dans les nuages et "advienne que verra" ! Nous tentons une percée sur les cumulus, tout en surfant sur les fréquences contrôle de la Colombie… Nous devons re-descendre, trop dangereux et il pleut de plus en plus… Envie d’être au chaud, sous une couette et pense très fort à cet adage don la véracité me poignarde « Il vaut mieux être un pilote au sol rêvant d’être en l’air, qu’un pilote en l’air rêvant d’être au sol » ! À peine sortis de la couche, nous tombons nez à nez avec 3 autres hélicos à la gueule bien guerrière ! Frissons dans le dos, nous en sommes en plein territoires du FARC, je continue de surfer sur les fréquences et j’entends mon immatriculation, je saute sur la brèche, enfin, ils me reçoivent... En sommes ce sont des hélicos de l’armée en pleine opération de Guérilla contre les « gorillas », qui demandent s’ils doivent m’intercepter, ouf, c’est tout bon ! Un pilote, ça reste un pilote, toujours sympa avec un autre pilote… Sachant maintenant qui je suis, ils m’indiquent que la route vers Cali n’est pas passable, trop de pluie, plafond bas, la cordillère. Nous avons de l’essence, nous tentons tout de même un peu vers le nord, nous nous faisons tremper, le plafond descend, non ! Demi-tours et zut pas envie de retourner à Tumaco, notre seul point de déroutement officiel pour l’immigration et la douane… Cali nous donne le cap vers Guapi, un bled perdu et aéroport national... Sympa le contrôleur, il comprend qu’un retour trop loin n’est pas bon pour nous, puis les problèmes administratifs se règles toujours ! en descente et maintenant vers le Sud-ouest, il pleut moins et nous remarquons des zones de déforestations circulaires ; en bon scientifique, Christian demande plusieurs passages afin de juger l’état des dommages forestiers, mais quelque chose nous dit de ne pas descendre trop bas ! Finalement, approche sur Guapi, c’est vrai que c’est perdu ce coin, merci Christian d’avoir trouvé le point GPS ! Nous atterrissons dans un ballet incessant d’hélicoptère, de troupes au sol, la jungle, une petite piste, une chaleur moite… On se croit dans un des décors de filme sur la guerre du Vietnam, nous sommes en live dans « Apocalypse now », c’est génial mais tout de même pas trop rassuré ! À peine les moteurs coupés, deux officiers pilote, sont là, aux airs très sérieux, mais nous nous rendons compte qu’ils se forcent ! Un nous dit en Anglais parfait, -« vous voliez dans une zone interdite, j’allais vous intercepter »… Rater vieux ! Depuis la mésaventure d’Iquique, je fais hyper gaffe, je suis sûre de mon coup, j’aborde mon plus grand sourire  en lui disant, « impossiblo » mais désolé de vous déranger et merci des infos radios, on est en chemin vers l’Afrique en passant par le Groenland, nous sommes parti de Santiago du Chili avec un petit détour aux portes de la Patagonie… Enfin, le blabla habituel… Juré, on ne vous dérangera pas longtemps… D'abord incrédule en voyant la machine, ils éclatent de rire, le tensiomètre est tombé à moins 10. Nos passeports passent de main en main. –« Mais vos tampons d’entrée en Colombie, ils sont où ? » -« Ils nous attendent à Cali ! ». Re-éclat de rire, les Colombiens, du top les gars, ils savent s’amuser. On visite les hélicos, des vrais bêtes de combat ! Ils nous expliquent qu’ils sont depuis des jours sur une opération de Guérilla contre les « Gorilles »… Leurs objectifs, les victoires de la journée et tout ! Très vite nous nous rendons compte que la volonté gouvernementale et d’enrailler la puissance du Narco trafique, des enlèvements, de la violence de l’insécurité et du danger que représente la déforestation massive faite par les planteurs de cocaïne… Hic, dit, Christian, ces trous, dans la forêt, survolés tout à l’heure !!! Re-éclats de rire des militaires… -« Vous avez bien fait de ne pas descendre, mais de toutes les manières, nous avons tout nettoyé » et vu l’armement embarqué, les troupes au sol et leur état de fatigue, le mot « nettoyé », prend une dimension réellement effrayante ! Le chef de piste avec le seul Quad du coin, don, il est fier comme Artaban, nous propose un lift en « ville », vers un hôtel. Nous nous attendons à tout ! C’est finalement dans une ambiance super cool, style « Easy going » comme dirait Christian, et en plein cœur de… L’Afrique. Petite ville pauvre, peuplée exclusivement de descendant d’esclave… Une ambiance formidable, nous avons nos repères, nous nous sentons bien ! Tous ont la conversation facile… -« Vous vivez en Afrique… Éclats de rires monstrueux... de vrais Africains blancs et nous de faux Africains noir… Vous au moins, vous connaissez nos origines ». Ici, les femmes sont toutes plus élégantes les unes des autres, nous avons l’impression qu’elles sont en concours permanent entre elles, et pourtant, ici, c’est vraiment le bout du monde ! L’odeur de poudre, de kérosène dans les hélicos, les troupes aux yeux cernés, les uniformes kakis boueux... Tout cela semble si loin, ici, tout est bon enfant. Comme d’habitude, nous sommes cuits de fatigue, mais nous n’avons pas envie de nous coucher ; profiter de cette ambiance de fou nous fait du bien… On resterait bien quelques jours ici. Herver, un artiste du coin, qui travaille aussi comme guide sur une île voisine, nous invite à manger avec lui un poisson frit dans une gargotte sur le trottoir. Il ne peut avaler grand chose, un ulcère le fait souffrir, mais on se marre bien et nous n’avons pas même idée du nom et de la valeur de l’argent ici ; ce qui nous vaut encore bien des éclats de rire. La Colombie est bien loin des clichés reçus, du moins, vu de nos yeux de passant ! Bémol au tableau, le peu d’essence trouvable ici, est mélangée à de l’alcool ! Petit calcul, nous avons assez pour Cali, mais pas trop de détours possibles !

 




 

Nous ne ramènerons de cet épisode, aucun film, les caméras n’ayant pas supportées la variation thermique suivit d’une condensation de fou ! Heureusement, le petit Canon est revenu à la vie, j’ai un peu de photos ! J’en suis vert de rage. Le 13, à la Fraîche, déjà en sueur, nous préparons l’Aircam dans un ballet continu de militaires qui viennent poser devant l’engin zébré, tous plus sympa les uns des autres et armé jusqu’aux dents. C’est vraiment vrai, la Colombie est sur le bon chemin, c’est une population  et un pays très attachants, en plein effort pour faire changer ce qui nuit tant à cette nation… La drogue ! Consommateur, arrêtez d’acheter, tellement de vies sont anéanties à cause de vous, une nation entière en souffre, soyez responsables. Les pilotes d’hélicos puis d’un DC3 turbine, nous indiquent différentes routes selon la MTO en chemin... Ça ne va pas être de la tarte encore. Nous optons sur une directe à 90° sur les Andes, avant que les orages ne se forment trop, nous n’avons droit qu’à un choix vu l’essence embarquée…Un trou, nous passons sur la couche en spirale, pour un AirCam devenu plus léger, c’est un jeu d’enfant mais sans boussole et un Horizon pas fiable, nous restons tout de même très vigilant ! Devant ce n’est pas fameux, nous sommes engagé, nous n’avons plus le choix, pas assez de carburant pour changer de route vers le Nord et passer ensuite la cordillère ; de plus, d’ici deux heures, les orages seront trop violents. Nous gardons cap Est et franchirons la Cordillère et une fois dans la vallée, nous prendrons cap nord. La bataille nous attend, droit devant, bien haut !!! Notre routine de travail est maintenant bien rodée avec Christian. De ce point de vue, plus d’angoisse, mais un fait ne me rassure pas. Lors du remplissage des réservoirs principaux en vol, depuis le réservoir auxiliaire, la jauge gauche m’indique moitié, alors que la droite est sur full ! Je ne dis rien à Christian, fait des estimations rapides, sans détours, c’est tout juste bon. Christian s’étonne tout de même du vol en constant dérapage gauche…Ce, afin de suralimenter le réservoir. Nous fonçons le plus droit possible, la MTO n’est pas des plus clémentes, mais il était vraiment temps de passer les crêtes ! Je ralentis le régime du moteur gauche, mais le vol devient alors trop inconfortable et la vitesse reste mon atout majeur. Enfin, gros soulagement, la vallée du Rio Negro, des pistes d’atterrissage partout, des champs, des maisons, des gens… Nous ne risquons plus rien de grave et l’on se dirait en Europe, je ne sais pas pourquoi, mais ce fait nous rassure totalement. Tout est terriblement inondé, la Nina sévit. Nous passons sous la couche, nous sommes autorisé à transiter à 6000 pieds en VFR (donc assez prés de la surface, c’est haut dans le coin !) dans la Zone militaire et nous nous posons sans difficulté à Cali avec 25 litres à Gauche et 5 litres à Droite, il était temps et j’explique à Christian le problème ! Immigration, douane, hyper facile et rapide ; nous sommes enfin « officiel » en Colombie. Randy, un Ami d’Olivier qui était passé par là deux ans auparavant en pendulaire, dans des conditions épiques, nous attend. Nous réglons les ailerons qui tirent toujours vers la gauche et nous nous retrouvons chez Randy et sa mère, après avoir dévoré une énorme pizza.  En bon Colombien, adorable, très accueillant, ils nous invitent, le temps que l’on veut en nous mettant tout a dispo chez eux ! Incroyable. Sur ce, ne nous connaissant pas, mais ayant été recommandé par Olivier, il part avec son amie pour le WE de Pâques, nous laissant tout chez eux. Les Colombiens, je vous jure, ils ont le sens de la joie de vivre ! La mère de Randy est un personnage hors du commun qui vit dans la peinture et la danse avec un petit perroquet vert qui me rappelait bien des souvenirs ayant moi-même partagé un long moment de ma vie avec un oiseau similaire. Randy à même fait en sorte que son meilleur ami, Lucho, qui a construit 3 Aircam s’occupe de nous. Ce break à Cali, de 2 jours nous fait un bien fou, nous dormons, mangeons, le tout dans une ambiance sympathique. Lucho qui restaure des voitures antiques nous balade partout.Les routes sont belles et pour dissuader les imprudents, des reconstitutions d’accident de la route avec mannequin très « hémoglobine » vraiment réalistes sont disséminés tous les 10 Km.. Très efficace. Lucho a  un Ulm au club très actif du coin que nous visitons aussi. Nous faisons des courses pour l’entretien de l’aircam, trouvons l’huile adéquate, il est temps de faire les vidanges, déjà 50H00 de vol fait depuis Santiago. Mais nous ne pourrons pas rentrer sur le tarmac pour faire de l’entretien ! Nous retournons mettre à jour nos mails chez Randy, qui appelle 3 fois par jour afin de savoir si tout va bien pour nous. Soirée sur les hauteurs de Cali avec Lucho et son amie.

Le 15 au matin, Lucho est là, pour nous ramener vers l’Aérodrome, il tente de pouvoir passer sur le tarmac afin de nous aider à faire les vidanges, via le musée des transports dont il est membre…Nous visitons alors un lieu fabuleux, Avions, locos, Hélicos, gyros, voitures, maquettes, Ulm, velos, motos, le tout antique et en parfait état… Tout y est !! Plus incroyable encore,   une salle avec un train électrique gigantesque hors du commun… 8 ans de construction ! Fabuleux, jamais vu un truc pareil ! Tant pis pour la vidange, nous improviserons, il nous faut partir. Décollage et beau vol sans problèmes de 3H00 vers Rio Negro dans des vallées sublimissimes. À notre arrivée, nous sommes hébergé dans un immense hangar où un DC8 Cargo est en grande révision, vraiment, ils sont très accueillants les Colombiens. Nous faisons nos vidanges et affinons les réglages d’ailerons plus quelques menus entretiens, Tous nous aident et pose quantité de questions, et en plus, des cafés nous sont offerts non-stops. Rio Negro, petite ville sympa, animée par les festivités de Pâques. Dîner  pizzas gigantesques, qui nous étouffent. Nous avions seulement commandé des médiums et comprenons l’air amusé des deux serveuses qui nous prennent pour des martiens ! … Ce n’est pas l’Italie ! Le lendemain, marathon administratif habituel mais hic, les horaires de payements ne collent pas, puis l’officier d’immigration veut voir en chair et en os Christian qui est entrain de charger l’aircam à l’autre bout du terrain…Environ deux kilomètres… La MTO se dégrade pour demain, il nous faut 6h00 de vol pour Panama City ! Les gars des opérations de vol sont fous en constatant l’inefficacité du système de payement qui ne dépend pas d’eux. Mario fait des pieds et des mains pour débloquer la situation mais trop tard, nous ne pouvons plus décoller, plus assez de marge temporelle ! Il faut refaire une demande de vol, la nôtre expire aujourd’hui et re tralala.. Mario est efficace, mais nous y aurons passé la journée. Nous en profitons pour étudier les problèmes des grosses vibrations de la paluche… En somme, c’est l’objectif lui-même qui à du jeu… Heureusement, Jean nous en avait passé une vieille de secours, qui en fait marche mieux que la neuve ! Retour à notre petit hôtel pas cher, ce soir, on évite les pizzas mais c’est le seul coin sympa de la place, finalement nous achetons du poulet et après autorisation du proprio des lieux, nous retournons consommer chez M. Pizza nos poulets devant une bière servie par les 2 serveuses qui gloussent de nous revoir, apparemment nous ressemblons vraiment à deux extra-terrestres ! Cali nous a fait du bien nous sommes plus en forme malgré cette journée de …. Restons polis SVP !

 

Finalement, le 17, tôt, décollage vers le Panama, nous redoutons l’arrivée, tout ce qu’on entend n’est pas des plus rassurant ! Vol long avec une descente difficile dans les nuages et vallées… Même cinéma, -« Eh Christian, t’es sûre que c’est la bonne vallée… », -« Ça colle avec mes points de virage… » On devient pas trop mauvais finalement ! Pour le reste, facile. Les appareils, films et photos souffrent encore des variations de température et d’humidité. Arrivé à Panama qui ne laisse pas indifférent. Presque verticale ville, entrée du canal, les bateaux de toutes tailles en ligne d’attente, les ponts, les écluses, un ciel noir d’orage… Arrivée super sympa, encore bien loin des clichés. Tous sont très serviables, en 20 minutes, nous avons l’essence, l’immigration et un hangar nous attend. Permis de vol fait douane et contrôle sanitaire… Le paradis administratif, sans blague ! Ce n’est pas juste un paradis fiscal ! Point à mourir de rire, le responsable de la fumigation et désinfection des avions, ne sait pas quoi faire de sa bombe devant notre avion ouvert, il reste là, ne sachant pas par où commencer ni terminer, il finit par donner 3 coups de bombes en l’air et nous présent la facture de 10 USD… Pas le tems de discuter, un déluge nous tombe dessus ! Vite au hangar, démarrage sous une trombe d’eau, l’orage tropical est impressionnant de violence dans le coin, nous sentons la présence des deux océans. Le contrôleur me reprend car je « taxi » sans attendre sa « clearence », je lui dis de regarder qui nous sommes sous ces sauts d’eau et il s’empresse de m’autoriser. C’est trempé jusqu’aux os que nous nous abritons sous un hangar qui nous est offert… Le timing devient critique, Christian prendra maintenant son avion à partir du Costa Rica. Le propriétaire du hangar, Tato et Gustave se mettent en mille pour nous aider avec l’essence, le transport, l’hôtel, les sous, le séchage de l’aircam. Gustave téléphone prévient sa femme qu’il rentre plus tard et nous fait un tour de ville. La vieille ville est chargée d’histoire et le gouvernement réhabilite les quartiers, c’est très beau.

La ville moderne, on se croit à Monaco, on ne sent vraiment pas d’insécurité latente. Ami pilote de passage, le Panama, c’est hyper facile, n’ayez aucune crainte, c’est l’administration la plus cool et efficace que je n’ai jamais rencontrée jusque-là.

 

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